Création d’entreprise : comment minimiser les risques ?

Par Paul LASBARRERES-CANDAU - 08/10/2018

L’instabilité du contexte international et la volatilité de notre environnement économique poussent les créateurs d’entreprise à devenir de véritables gestionnaires du risque. Il est multiforme et nécessite une véritable stratégie pour minimiser ses conséquences. Voici tous nos outils pour y faire face dans les meilleures conditions.

Le dirigeant d’entreprise, appuyé par son directeur administratif et financier, est en première ligne face aux divers risques qui menacent la survie de son entreprise.

Ils sont particulièrement importants au moment de sa création, lorsqu’elle possède une solidité financière relative.

Le chef d’entreprise s’affirme comme un véritable business maker, stratège et garant de sa stabilité.

Et pourtant, les risques de fraude augmentent chaque jour, tout comme la volatilité sur les marchés.

Les entrepreneurs sont très souvent contraints de prendre des risques importants, en engageant une partie de leur patrimoine personnel, en prenant des engagements en leur nom propre ou en se portant garant des résultats de l’entreprise.

Dans ce contexte, il est possible de bâtir et de consolider votre entreprise en prêtant attention à certains points cruciaux utiles pour sécuriser votre situation

Sommaire :

1. Limiter sa responsabilité en choisissant le bon statut

2. Éviter autant que possible les cautions et garanties

3. Continuer de bénéficier de certaines aides offertes par l’Etat

4. Créer son entreprise tout en demeurant salarié

Dossier : minimiser les risques lors de la création d'une entreprise

Limiter sa responsabilité en choisissant le bon statut

Certains statuts rendent le dirigeant responsable des éventuelles pertes de son entreprise, tandis que d’autres protègent son patrimoine personnel.

Dans le premier cas, rappelons qu’il sera tenu d’engager son patrimoine personnel (domicile, véhicules, résidences secondaires et autres biens) si l’entreprise génère des pertes et pour rembourser les créanciers.

Cette situation n’est pas sans risques, surtout face à l’instabilité croissante des marchés. Cette situation concerne notamment les entreprises individuelles classiques ou l’auto-entreprise.

Depuis la loi Macron, la résidence principale ne peut plus être saisie par des créanciers professionnels

Dans le second cas, sa responsabilité est limitée au montant de ses apports.

Si la société est endettée, l’associé ne peut perdre que les montants et les biens qu’il a apportés au sein du capital de la société, et ses biens personnels ne seront jamais engagés. Pour cela, il convient d’opter pour la création d’une SAS, SARL, SASU, EURL ou EIRL notamment.

Éviter autant que possible les cautions et garanties

Se porter caution pour son entreprise ou celle d’un proche est un engagement à haut risque. Cependant, il s’agit le plus souvent d’une étape obligatoire pour obtenir l’accord du banquier dans votre démarche de financement.

Véritable épée de Damoclès, le risque demeure pourtant virtuel tant que l’entreprise continue d’honorer ses créanciers.

En cas de défaut, tout le patrimoine, les revenus présents et futurs du garant peuvent être saisis.

70% des dossiers de crédit aux professionnels sont assortis d’une demande de caution, d’après la SIAGI (Société Interprofessionnelle Artisanale de Garantie Immobilière)

Pour cela, il convient d’éviter au maximum de vous porter caution des opérations de votre entreprise.

Si cela est inévitable, consultez les différents types de cautions proposées par votre banquier (caution solidaire, caution personnelle, caution « omnibus », caution du conjoint, autres garanties, etc.).

Continuer de bénéficier de certaines aides offertes par l’Etat

Si vous vous lancez dans la création ou la reprise d’une entreprise après avoir quitté votre emploi, vous êtes normalement éligible au versement des allocations d’aide de retour à l’emploi (ARE).

Vous pouvez les conserver totalement ou partiellement jusqu’à épuisement des droits, même si vous lancez un projet entrepreneurial.

Leur octroi dépend du montant des revenus déclarés dans le cadre de votre nouvelle activité

Créer une EURL ou une SASU à l’IS avec les statuts ou un procès-verbal précisant que l’associé unique n’est pas rémunéré permet de conserver intégralement l’ARE.

Dans le cadre d’une EIRL à l’IS, il sera possible de la maintenir partiellement.

Créer son entreprise tout en demeurant salarié

Les récentes mesures prises par le gouvernement favorisent la création d’une entreprise tout en étant salarié, sauf si votre contrat de travail précise une clause d’exclusivité ou de non-concurrence.

Près de 20% des entreprises créées le sont par des salariés en activité au moment de son immatriculation !

Cette démarche permet de sécuriser vos finances personnelles car, en cas d’échec, vous conservez vos revenus salariés et ne perdrez pas votre emploi.

Aussi, il est possible de solliciter un congé pour création ou reprise d’entreprise auprès de votre employeur pendant une année, renouvelable une fois.

Vous pouvez aussi obtenir une exonération des cotisations sociales pendant la première année d’exercice si vos revenus n’excèdent pas 120% du SMIC.

Cependant, la double activité n’est pas ouverte aux professionnels rattachés à un Ordre (ordre des médecins, des notaires, des avocats, etc.) ainsi qu’aux fonctionnaires.

Se lancer dans une aventure entrepreneuriale nécessite donc un examen attentif de toutes les opportunités qui se présentent à vous pour optimiser votre réussite tout en minimisant les risques qui pèsent sur votre activité.

Le recours à un conseil extérieur est parfois le bienvenu pour vous aiguiller. L’objectif est, à terme, de trouver un juste équilibre entre croissance et sécurité.

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