Trouver assez de ressources pour financer le lancement de son projet peut être particulièrement angoissant lorsque l’on ne dispose pas d’une épargne personnelle suffisante.

Les établissements bancaires proposent des financements certes, mais la plupart du temps ils demandent un apport personnel. Comment faire si l’on n’en possède pas ? Est-il possible de financer son entreprise sans effectuer d’apport ? Quels sont les risques ?

Cet article vous dit tout.

Certains statuts juridiques permettent de créer une entreprise sans capital minimum imposé

L’apport renforce le capital social de la société

L’apport est l’un des moyens principaux pour financer une entreprise. Il constitue le capital social et par conséquent il contribue à la stabilité financière de l’organisme. L’apport est réalisé par les associés au moment de la constitution de la société. Pour ce faire, les associés ont le choix entre deux types d’apports :

  • L’apport en numéraire qui est une somme d’argent à déposer sur un compte ouvert au nom de l’entreprise en cours de création. La somme monétaire est bloquée jusqu’à l’obtention de l’extrait K-Bis.
  • L’apport en nature, il s’agit de biens, autres que monétaires. Les associés peuvent fournir un immeuble, un fonds de commerce, un véhicule, etc. Chaque apport en nature doit être évalué par un commissaire aux apports. Sauf si un bien ne dépasse pas les 30 000 € et que leur valeur totale n’excède pas la moitié du capital social.

Les associés reçoivent des actions sociales en contrepartie de leurs apports. Si ces derniers renforcent le capital d’une entreprise, il est possible de s’en passer selon le statut juridique de celle-ci.

Les statuts juridiques où les apports pour constituer le capital social ne sont pas nécessaires

Durant le processus de création de votre entreprise, vous devez vous pencher sur la question du statut juridique à choisir. En effet, différentes formes sont envisageables. Si vous comptez ne pas effectuer d’apport, il convient de connaître les structures juridiques n’imposant pas d’obligation concernant le montant du capital social. Les formes susceptibles de vous intéresser sont donc :

Le régime de micro-entrepreneur peut s’avérer particulièrement avantageux pour votre projet de création. Les frais de création sont effectivement réduits et vous n’aurez pas à régler de charges sociales dans le cas où vous ne réalisez pas de chiffre d’affaires.

Bon à savoir : il existe également des statuts juridiques qui permettent de concevoir des entreprises sans aucun capital minimum imposé. Ces structures peuvent en effet être montées en effectuant un faible apport sont la SARL, SAS, la SASU, La SCI et l’EURL.

Financer son entreprise sans apport : quelles sont les difficultés ?

Si créer une entreprise sans apport est faisable, il reste la question du financement. Sans ressources financières, il est plus que compliqué de régler les frais des démarches administratives. Sans oublier l’achat de matériels, la fabrication, la promotion et le lancement des produits... Faire une demande de prêt auprès d’un organisme financier pourrait combler cette lacune financière.

Cependant, les banques sont réticentes à accorder des prêts pour création d’entreprise si l’entrepreneur n’a pas réalisé un apport au préalable. En effet, cela voudrait dire que c’est l’établissement bancaire qui supporterait entièrement les risques.

Pour rappel, un entrepreneur qui apporte 20 à 50 % du coût total du projet a plus de chances de se voir octroyer un prêt.

Par ailleurs, ne pas avoir d’apport peut constituer un frein dans le développement de votre entreprise (rater des opportunités d’affaires). Il ne faut pas non plus oublier qu’une entreprise avec un capital conséquent démontre la volonté de l’entrepreneur de mener son projet à terme. Cela rassure les investisseurs et vous crédibilise à leurs yeux.

Ne pas avoir effectué d’apport ne veut pas pour autant dire que vous devez dire adieu à votre rêve d’entreprendre. Vous pouvez encore vous tourner vers d’autres moyens de financement.

Les moyens de financement pour son entreprise sans apport

Que vous ayez effectué un apport ou non, plusieurs alternatives au prêt bancaire sont disponibles.

1. Demander un prêt d’honneur

Il s’agit d’un dispositif réservé aux entrepreneurs qui ne peuvent rassurer les banques pour cause d’absence d’apport personnel. Contrairement au prêt professionnel, le prêt d’honneur est généralement octroyé sans intérêt. Il faut savoir aussi que la garantie personnelle offerte n’est autre que l’honneur du demandeur. Ainsi, pour bénéficier du prêt d’honneur, il faut passer par un examen approfondi de son projet. Faites en sorte que votre business plan soit aussi réaliste que possible.

Notez également que le délai de remboursement est fixé sur une durée déterminée et est défini par la vraisemblance de votre business plan. Les organismes proposant ce prêt sont Initiative France, ADIE ou encore France Active. Le montant accordé varie entre 2 000 à 50 000 €.

2. La love money, se faire aider par ses proches

Faire confiance à une personne que l’on connaît bien est plus facile que faire confiance à un étranger. C’est sur ce fait que repose le concept de la love money. Cette dernière consiste à collecter des fonds auprès de ses amis et sa famille. Les fonds peuvent être attribués sous diverses formes :

  • Don : ce qui élimine le besoin de respecter certaines formalités.
  • Investissement en capital : les proches ayant accordé des fonds deviennent donc actionnaires et ont droit à une partie des futurs bénéfices.
  • Prêt : un contrat aux noms des deux parties peut être établi ou non.

3. Les aides à la création d’entreprises

Pour financer votre entreprise sans apport, vous pouvez également compter sur les nombreuses aides à la création d’entreprises. Il y a notamment :

  • L’ACRE. En plus d’un accompagnement durant les premières années d’activité, vous profitez d’une exonération partielle des charges sociales. Son obtention est toutefois soumise à condition comme la création d’une entreprise individuelle. L’exonération n’est valable que si les bénéfices sont inférieurs à 40 524 €.
  • L’ARCE ou aide à la reprise ou à la création d’entreprises. Fournie par Pôle Emploi, cette aide permet à un demandeur d’emploi de percevoir des allocations chômage sous forme de capital. Pour obtenir l’ARCE, le demandeur d’emploi reprenant ou créant une entreprise doit bénéficier au préalable de l’ACRE. Attention, les allocations ne sont reçues qu’au moment du lancement de l’activité. Le montant de l’ARCE est égal à 45 % du montant des droits de l’ARE (aide au retour à l’emploi).
  • Le NACRE ou nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d’entreprise. Mis en place par l’État, cette aide s’adresse aux créateurs et repreneurs d’entreprise âgés entre 18 et 25 ans. Les bénéficiaires de l’ARE, du RSA et ASS peuvent aussi en profiter.

4. Solliciter les tiers avec le crowdfunding

Le but du crowdfunding est de mettre en relation les entrepreneurs et les investisseurs via une plateforme dédiée. Mettez toutes les chances de votre côté en privilégiant les plateformes qui sont cohérentes avec votre objectif, ont une grande visibilité et offrant un bon taux de réussite. Les tiers (professionnels et particuliers) intéressés par votre projet apportent leur contribution à votre projet sous forme de don, prêt ou une participation au capital.

5. Le microcrédit, plus facile à obtenir que le prêt bancaire

Pour pallier vos difficultés à obtenir un prêt bancaire, vous pouvez vous tourner vers le microcrédit. Pour que l’organisme prêteur vous accorde le crédit, votre projet devra faire l’objet d’une étude particulière. En règle générale, le montant octroyé n’excède pas les 10 000 €.