Famille réunie devant une maison détenue via une SCI familiale

SCI familiale : définition, fonctionnement, création et fiscalité

Détenir, gérer et transmettre un bien immobilier en famille : fonctionnement, création, fiscalité IR ou IS, risques et erreurs à éviter avec une SCI familiale.
Les formes juridiques
Temps de lecture: 64min
Mis à jour le 8 octobre 2026
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Acheter un bien immobilier à plusieurs membres d’une même famille, conserver une maison familiale, investir dans l’immobilier ou préparer progressivement la transmission du patrimoine : plusieurs situations peuvent conduire à créer une SCI familiale.

Alors, qu’est-ce qu’une SCI familiale, comment la créer, comment fonctionne-t-elle ? Qui peut en devenir associé ? Quelle fiscalité choisir et combien cela coûte-t-il ? SeDomicilier vous livre ses avantages, ses inconvénients, ses risques, limites et subtilités, soit tout ce qu’il faut savoir sur la SCI familiale avant de se lancer. Pour vous accompagner dans ces démarches, SeDomicilier propose un service de création de SCI en ligne, rapide et sécurisé.

SCI familiale : le fonctionnement en un coup d’œil

Critère À retenir
Définition Une société civile immobilière constituée entre membres d’une même famille pour détenir, gérer, louer ou transmettre un patrimoine immobilier.
Nombre d’associés Au moins 2 associés, qui peuvent être des parents, des enfants, des frères et sœurs, des conjoints ou d’autres membres d’une même famille.
Objectif principal Organiser la détention et la gestion collective d’un ou plusieurs biens immobiliers, tout en préparant éventuellement leur transmission.
Propriété du bien Le bien immobilier appartient à la SCI. Les associés détiennent des parts sociales proportionnelles à leurs apports, et non une fraction matérielle du bien.
Capital social Libre : aucun montant minimum légal n’est imposé. Il peut être constitué d’apports en numéraire ou, sous certaines conditions, d’apports en nature.
Gérance Un ou plusieurs gérants, associés ou non, assurent la gestion courante de la société dans les limites prévues par les statuts et la loi.
Prise de décision Les décisions sont prises selon les règles prévues dans les statuts. Les décisions importantes peuvent nécessiter une assemblée des associés.
Régime fiscal par défaut Impôt sur le revenu (IR) : chaque associé est imposé sur sa quote-part du résultat, même si les bénéfices ne sont pas distribués.
Option pour l’impôt sur les sociétés La SCI peut, sous conditions, opter pour l’IS. La société est alors imposée sur ses bénéfices et les sommes distribuées peuvent être imposées chez les associés.
Location meublée Une activité habituelle de location meublée est considérée comme commerciale et entraîne en principe l’assujettissement de la SCI à l’IS.
Responsabilité des associés Les associés répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur part dans le capital, après que les créanciers ont préalablement et vainement poursuivi la société.
Cession des parts Les parts sociales peuvent être cédées, selon les conditions prévues par les statuts et les règles légales, notamment en matière d’agrément.
Transmission du patrimoine La donation progressive de parts, notamment en démembrement, peut faciliter l’organisation de la transmission. Elle ne supprime pas automatiquement les droits de succession ou de donation.
Formalités de création Rédaction des statuts, dépôt du capital, publication d’un avis de constitution et immatriculation par le Guichet unique de l’INPI.
Comptabilité et obligations Tenue d’une comptabilité adaptée, conservation des justificatifs, décisions des associés et déclarations fiscales annuelles selon le régime applicable.
Principaux avantages Gestion collective encadrée, organisation des pouvoirs, transmission progressive des parts et continuité de la détention immobilière.
Principaux inconvénients Formalités et coûts de fonctionnement, obligations déclaratives, responsabilité indéfinie des associés et risques de désaccord entre membres de la famille.
Pour qui ? Les familles qui souhaitent acquérir, détenir, gérer ou transmettre un patrimoine immobilier dans un cadre juridique organisé.

À retenir : la SCI familiale permet avant tout de structurer la détention et la gestion d’un patrimoine immobilier. Elle peut également faciliter sa transmission, mais ne constitue pas, à elle seule, un mécanisme d’exonération fiscale. Son intérêt dépend de la situation familiale, des objectifs patrimoniaux, du mode de location et du régime fiscal choisi.

Pourquoi avoir une SCI ?

Cette structure permet à plusieurs personnes d’organiser ensemble la détention et la gestion d’un ou plusieurs biens immobiliers, tout en définissant dans les statuts les règles de fonctionnement de la société.

La SCI familiale n’est toutefois pas une forme juridique distincte de la SCI classique. Il s’agit d’une société civile immobilière constituée entre des membres d’une même famille. Elle obéit donc aux règles générales applicables aux SCI, avec certaines particularités liées au contexte familial et aux objectifs patrimoniaux poursuivis.

Son intérêt ne se limite pas à la gestion d’un bien immobilier. La SCI familiale peut notamment permettre d’organiser la gouvernance d’un patrimoine détenu à plusieurs, de faciliter certaines opérations de transmission par la donation de parts sociales et d’éviter, dans certaines situations, les difficultés liées à la détention directe d’un bien en indivision. Elle implique néanmoins des obligations juridiques, fiscales et administratives qu’il est essentiel d’anticiper.

Qu’est-ce qu’une SCI familiale ?

Une société civile immobilière familiale est une SCI créée par plusieurs membres d’une même famille afin de détenir, gérer ou transmettre un patrimoine immobilier. Elle peut par exemple être constituée entre des parents et leurs enfants, entre frères et sœurs ou entre époux.

Juridiquement, il n’existe pas de forme autonome appelée « SCI familiale ». L’expression désigne simplement une SCI dont les associés sont liés par des relations familiales. Elle reste soumise aux dispositions du Code civil qui régissent les sociétés civiles et les SCI.

Comme toute SCI, elle doit réunir au moins deux associés. Ces derniers réalisent des apports au capital de la société et reçoivent en contrepartie des parts sociales. La SCI peut ensuite acquérir un immeuble, recevoir un bien immobilier par apport ou gérer un patrimoine déjà constitué selon les modalités prévues par ses statuts.

Quelle différence entre une SCI classique et une SCI familiale ?

La différence tient principalement à la composition des associés et au projet poursuivi. Une SCI classique peut réunir des personnes qui n’ont aucun lien familial. Dans une SCI familiale, les associés appartiennent à une même famille ou sont liés par des relations permettant de constituer le groupe familial concerné.

SCI classique SCI familiale
Associés avec ou sans lien familial Associés appartenant à une même famille
Détention et gestion d’un patrimoine immobilier Détention et gestion d’un patrimoine immobilier familial
Organisation de la gouvernance par les statuts Organisation de la gouvernance par les statuts
Transmission des parts possible Transmission des parts pouvant s’inscrire dans une stratégie familiale

Il n’existe donc pas de régime juridique général plus favorable attaché à la simple appellation « SCI familiale ». L’intérêt de la structure dépend avant tout du projet immobilier, de la situation des associés, du mode de financement, du régime fiscal choisi et des objectifs de transmission.

Qui peut être associé d’une SCI familiale ?

Une SCI familiale peut notamment réunir des parents et leurs enfants, des frères et sœurs, des époux ou d’autres membres d’une même famille. La composition exacte doit toutefois être examinée en fonction du projet et des règles applicables à la société.

Un mineur peut également être associé d’une SCI. Cette possibilité peut être utilisée dans certains projets patrimoniaux familiaux, mais elle nécessite une attention particulière compte tenu des règles protectrices applicables aux mineurs et de la nature des décisions susceptibles d’être prises par la société.

La nationalité des associés ne constitue pas, en elle-même, un obstacle général à la constitution d’une SCI française. En revanche, la situation personnelle et fiscale de chaque associé peut avoir des conséquences sur le fonctionnement et l’imposition de la société.

Comment fonctionne une SCI familiale ?

Le fonctionnement d’une SCI familiale repose sur une distinction essentielle : la SCI est propriétaire du bien immobilier, tandis que les membres de la famille sont propriétaires de parts sociales de la SCI.

Cette distinction est fondamentale pour comprendre l’intérêt de la structure. Imaginons que deux parents et leurs deux enfants constituent une SCI et que celle-ci achète une maison pour 400 000 €. La maison appartient juridiquement à la SCI. Les parents et les enfants ne possèdent donc pas chacun « une partie » de la maison au sens juridique : ils détiennent des parts sociales de la société qui possède la maison.

La répartition des parts dépend des apports réalisés et des dispositions prévues dans les statuts. Elle peut donc être différente d’une répartition à parts égales.

Quel est le rôle du gérant d’une SCI familiale ?

La gestion de la SCI est confiée à un ou plusieurs gérants. Le gérant représente la société à l’égard des tiers et accomplit les actes entrant dans ses pouvoirs.

Les statuts jouent ici un rôle déterminant. Ils peuvent définir les pouvoirs du gérant et préciser les décisions qui nécessitent l’intervention des associés. La gestion quotidienne peut ainsi être confiée au gérant tandis que certaines opérations importantes sont soumises à une décision collective.

Selon les statuts et la nature de l’opération, les associés peuvent notamment être amenés à se prononcer sur l’acquisition ou la vente d’un immeuble, la souscription d’un emprunt important, la modification des statuts ou encore la cession de parts sociales.

Comment sont prises les décisions dans une SCI familiale ?

Contrairement à une idée répandue, les règles de décision d’une SCI familiale ne sont pas nécessairement identiques pour toutes les sociétés. Les statuts permettent d’organiser une grande partie de la gouvernance : majorité requise, pouvoirs du gérant, consultation des associés, conditions de cession des parts ou encore modalités de prise de décision pour certaines opérations.

Cette souplesse constitue l’un des intérêts majeurs de la SCI. Elle permet d’adapter le fonctionnement de la société à la configuration de la famille et au patrimoine détenu.

Elle suppose en contrepartie de rédiger les statuts avec beaucoup de soin. Des statuts trop génériques ou insuffisamment précis peuvent devenir problématiques lorsque les intérêts des associés divergent.

Que se passe-t-il en cas de désaccord entre les associés ?

La SCI ne fait pas disparaître les conflits familiaux. Elle fournit un cadre juridique permettant de les organiser.

Un désaccord peut par exemple apparaître lorsqu’un associé souhaite vendre le bien tandis que les autres souhaitent le conserver, lorsqu’un membre de la famille veut occuper le logement, lorsqu’un important programme de travaux doit être financé ou lorsqu’un associé souhaite vendre ses parts.

Pour limiter le risque de blocage, les statuts doivent donc anticiper les principales situations susceptibles de survenir : règles de majorité, pouvoirs du gérant, procédure d’agrément, conditions de cession des parts, conséquences du décès d’un associé et modalités de sortie de la société.

SCI familiale ou indivision : quelle différence ?

La SCI familiale est souvent envisagée comme une alternative à l’indivision, notamment lorsque plusieurs membres d’une famille souhaitent conserver ensemble un bien immobilier. Les deux mécanismes répondent cependant à des logiques différentes.

Critère SCI familiale Indivision
Propriété du bien La SCI est propriétaire de l’immeuble Les indivisaires sont directement propriétaires du bien
Droits des membres Parts sociales Quotes-parts indivises
Gestion Un ou plusieurs gérants Gestion organisée selon les règles de l’indivision
Organisation Statuts permettant d’adapter le fonctionnement Cadre principalement fixé par la loi et les conventions éventuelles
Transmission Transmission possible des parts sociales Transmission des droits indivis
Formalités Création et fonctionnement d’une société Pas de société à constituer

L’un des principaux intérêts de la SCI familiale est donc de transformer une situation de détention collective d’un immeuble en une organisation sociétaire. Cela peut être particulièrement intéressant lorsque la famille souhaite conserver durablement le bien et prévoir à l’avance les modalités de gestion.

Il ne faut toutefois pas en conclure que la SCI est systématiquement préférable à l’indivision. La création d’une société entraîne des formalités, des obligations et des coûts supplémentaires. Le choix doit être réalisé en fonction du projet.

Pourquoi créer une SCI familiale ?

Acheter un bien immobilier à plusieurs

La SCI familiale peut permettre à plusieurs membres d’une famille de réunir leurs ressources afin d’acquérir un bien immobilier. Chaque associé apporte des fonds à la société, qui devient ensuite propriétaire du bien.

Cette organisation peut être pertinente lorsque plusieurs personnes souhaitent investir ensemble sans devenir directement co-propriétaires de l’immeuble. Elle permet notamment de déterminer précisément la répartition des parts et d’organiser les pouvoirs de chacun.

La SCI peut également souscrire un emprunt pour financer l’acquisition. La banque étudie alors la situation financière de la société et, selon le montage, celle de ses associés et les garanties qu’elle demande.

Conserver une résidence secondaire dans la famille

La SCI familiale peut être utilisée pour conserver une maison de vacances ou une résidence secondaire au sein d’une famille sur plusieurs générations.

Ce type de projet mérite cependant une rédaction statutaire particulièrement précise. Il est utile d’anticiper les conditions d’occupation du logement, la répartition des charges, le financement des travaux, les périodes d’utilisation par chaque famille et les conséquences du souhait de sortie d’un associé.

Investir dans l’immobilier en famille

La SCI peut également servir à acquérir un ou plusieurs logements destinés à la location. Dans ce cas, le régime fiscal applicable aux revenus dépend notamment du caractère nu ou meublé de la location et du régime fiscal de la société.

Pour une SCI relevant de l’impôt sur le revenu et donnant un immeuble nu en location, les revenus relèvent en principe de la catégorie des revenus fonciers. La SCI accomplit les obligations déclaratives qui lui incombent, tandis que les associés déclarent leur quote-part selon les modalités prévues par la réglementation fiscale.

Préparer progressivement la transmission d’un patrimoine immobilier

La transmission constitue l’un des principaux intérêts patrimoniaux d’une SCI familiale. Au lieu de transmettre directement un immeuble, il est possible, selon le projet, de transmettre progressivement des parts sociales.

Cette possibilité permet notamment d’envisager des donations successives et, dans certaines situations, un démembrement des parts entre usufruit et nue-propriété.

La SCI ne supprime toutefois pas les droits de succession ou de donation. Elle constitue un outil permettant d’organiser la détention et la transmission d’un patrimoine ; les conséquences fiscales doivent être étudiées au regard de la situation de chaque famille.

SCI familiale et transmission : comment ça fonctionne ?

La transmission est souvent au cœur des projets de SCI familiale. Son fonctionnement permet de transmettre des droits dans la société sans nécessairement vendre ou diviser physiquement l’immeuble détenu par celle-ci.

Pourquoi transmettre des parts plutôt qu’un bien immobilier ?

Lorsqu’un immeuble est détenu directement par plusieurs personnes, chacun possède une quote-part du même bien. La transmission peut alors conduire à une situation d’indivision entre plusieurs héritiers.

Dans une SCI, le patrimoine immobilier appartient à la société. Les héritiers ou bénéficiaires reçoivent, quant à eux, des parts sociales. Le bien immobilier peut ainsi rester la propriété de la SCI tandis que la répartition du capital évolue progressivement.

Cette organisation peut faciliter la conservation d’un patrimoine familial, notamment lorsque tous les héritiers n’ont pas le même projet à long terme.

La donation de parts de SCI aux enfants

Un parent peut, sous réserve du respect des règles applicables, donner progressivement des parts de SCI à ses enfants. Les donations bénéficient alors des abattements prévus par la législation fiscale, dont le montant dépend notamment du lien de parenté entre le donateur et le bénéficiaire.

Le recours à une SCI peut ainsi s’intégrer dans une stratégie de transmission progressive du patrimoine. Il ne s’agit cependant pas d’un mécanisme permettant d’échapper automatiquement à l’impôt : les règles relatives aux donations, à la valorisation des parts et aux droits éventuellement dus doivent être respectées.

SCI familiale et démembrement des parts

Le démembrement consiste à séparer l’usufruit de la nue-propriété. Appliqué aux parts d’une SCI, il peut notamment permettre à des parents de conserver certains droits attachés aux parts tout en transmettant progressivement la nue-propriété à leurs enfants.

Cette technique patrimoniale peut être particulièrement intéressante dans une stratégie de transmission anticipée. Elle nécessite néanmoins une rédaction précise des statuts et une analyse des droits respectifs de l’usufruitier et du nu-propriétaire.

Que devient une SCI familiale au décès d’un associé ?

Le décès d’un associé ne signifie pas automatiquement que la SCI disparaît. Les parts détenues par le défunt entrent dans sa succession et leur transmission dépend notamment des règles successorales et des statuts de la société.

Il est donc essentiel d’anticiper cette situation lors de la constitution de la SCI. Les statuts peuvent notamment prévoir des mécanismes d’agrément ou déterminer les conditions dans lesquelles les héritiers peuvent devenir associés.

Une SCI familiale destinée à durer plusieurs décennies doit ainsi être pensée non seulement pour la situation présente, mais également pour les événements susceptibles de modifier profondément la composition de la famille et du capital social.

Quelle fiscalité pour une SCI familiale ?

La fiscalité des sociétés civiles immobilières est l’un des sujets les plus importants à étudier avant de créer une SCI familiale. Une SCI peut principalement relever de l’impôt sur le revenu (IR) ou, dans certaines conditions, de l’impôt sur les sociétés (IS).

La SCI familiale à l’impôt sur le revenu

Dans le régime fiscal de droit commun des SCI qui n’exercent pas une activité les rendant soumises à l’IS, la société relève de l’impôt sur le revenu. Le principe est celui de la transparence fiscale : le résultat est déterminé au niveau de la société puis imposé entre les mains des associés à proportion de leurs droits.

Lorsque la SCI donne un logement nu en location, les revenus relèvent en principe de la catégorie des revenus fonciers. La SCI accomplit les obligations déclaratives qui lui incombent, tandis que les associés déclarent leur quote-part selon les modalités prévues par la réglementation fiscale.

La SCI familiale à l’impôt sur les sociétés

Une SCI peut, dans les conditions prévues par la loi, être soumise à l’impôt sur les sociétés. Dans ce cas, c’est la société qui est imposée sur son résultat.

Le passage à l’IS peut modifier profondément l’économie du projet. Il peut notamment permettre la prise en compte d’amortissements comptables, mais la fiscalité applicable pendant la détention du bien et au moment de sa revente diffère de celle d’une SCI relevant de l’IR.

Choisir l’IS uniquement parce que le taux d’imposition de la société paraît plus faible serait donc une erreur. Le choix doit être analysé sur toute la durée envisagée du projet : acquisition, exploitation, distribution éventuelle des bénéfices et revente de l’immeuble.

SCI familiale à l’IR ou à l’IS : quel régime choisir ?

Critère SCI à l’IR SCI à l’IS
Redevable principal de l’impôt Associés selon leur quote-part SCI
Location nue Revenus fonciers Résultat soumis à l’IS
Amortissement comptable de l’immeuble Non dans le régime fiscal des revenus fonciers Oui, selon les règles comptables et fiscales applicables
Comptabilité Généralement plus simple Plus structurée
Revente Régime des plus-values immobilières applicable aux SCI relevant de l’IR Régime applicable aux sociétés soumises à l’IS
Choix Régime de droit commun dans de nombreux projets patrimoniaux Option ou assujettissement selon la nature de l’activité

Il n’existe donc pas de réponse universelle à la question « IR ou IS ? ». Le choix dépend notamment du niveau de revenus des associés, de la durée de détention envisagée, du niveau d’endettement, de la politique de distribution des bénéfices, du type de location et de la stratégie de revente.

Une SCI familiale peut-elle faire de la location meublée ?

Oui, mais ce choix appelle une vigilance particulière.

La location meublée constitue une activité de nature commerciale. Lorsqu’une SCI exerce régulièrement une activité de location meublée, elle relève en principe de l’impôt sur les sociétés — voir notre comparatif SCI ou LMNP. Elle doit alors notamment respecter les obligations déclaratives et comptables correspondantes.

Il s’agit d’un point particulièrement important : créer une SCI familiale à l’IR pour acheter un logement puis le louer durablement en meublé peut avoir pour conséquence de modifier le régime fiscal de la société.

Le projet doit donc être défini avant la création de la SCI : location nue, résidence secondaire, mise à disposition familiale, location meublée ou autre utilisation du bien ne produisent pas nécessairement les mêmes conséquences fiscales.

Comment créer une SCI familiale ?

Créer une SCI familiale revient à constituer une société civile immobilière entre plusieurs membres d’une même famille, puis à lui attribuer un patrimoine immobilier ou à lui permettre d’en acquérir un. La constitution de la société doit être préparée avec soin, car les choix effectués au moment de la rédaction des statuts peuvent avoir des conséquences pendant plusieurs années, voire plusieurs générations.

La création d’une SCI familiale suit plusieurs étapes : définir le projet et les associés, choisir le nom, domicilier le siège social, rédiger les statuts, déterminer le capital social et la répartition des parts, nommer le ou les gérants, publier une annonce légale puis effectuer les formalités d’immatriculation sur le Guichet unique des formalités des entreprises. Les sociétés civiles, dont les SCI, sont concernées par cette procédure d’immatriculation.

Définir le projet de la SCI familiale

Avant de rédiger les statuts, les membres de la famille doivent déterminer précisément la raison pour laquelle ils souhaitent créer une SCI.

Le projet peut consister à acheter une résidence secondaire, acquérir un logement destiné à la location nue, regrouper plusieurs biens immobiliers, conserver un immeuble familial ou préparer progressivement la transmission d’un patrimoine.

Cette étape est essentielle car l’objet de la SCI, son régime fiscal, la répartition des parts et les règles de gouvernance doivent être cohérents avec le projet poursuivi.

Une SCI créée uniquement parce que « la SCI est intéressante pour la famille » risque de devenir inutilement complexe si aucune stratégie patrimoniale claire n’a été définie.

Choisir les associés

Une SCI doit être constituée par au moins deux associés. Ceux-ci peuvent être des personnes physiques et, selon les configurations, des personnes morales.

Dans une SCI familiale, il est courant de réunir les membres d’une même famille : parents et enfants, frères et sœurs, époux ou autres proches.

Il faut déterminer dès le départ la contribution de chacun et la répartition des parts sociales. Celle-ci n’a pas nécessairement à être égalitaire. Un associé qui apporte davantage au capital peut détenir davantage de parts, sous réserve de respecter les règles applicables aux apports et à la constitution de la société.

La répartition du capital doit toutefois être réfléchie au regard des objectifs de gestion, de financement et de transmission. Une répartition des parts décidée uniquement pour simplifier la constitution peut devenir problématique plusieurs années plus tard.

Choisir le nom de la SCI familiale

La SCI doit disposer d’une dénomination sociale. Les associés peuvent choisir librement le nom de la société, sous réserve du respect des règles applicables et de la disponibilité du nom choisi.

Il est prudent de vérifier qu’il ne porte pas atteinte aux droits d’une autre entreprise ou d’une marque existante. Cette vérification permet de limiter les risques de contestation ultérieure.

Déterminer le siège social

Toute SCI doit disposer d’un siège social. Celui-ci correspond à l’adresse juridique de la société et figure dans les statuts.

Le siège peut notamment être fixé au domicile du représentant légal dans les conditions prévues par la réglementation, dans un local adapté ou auprès d’une société de domiciliation.

Pour une SCI familiale, la domiciliation commerciale peut être particulièrement pertinente lorsque les associés souhaitent domicilier le siège social à une adresse distincte de leur domicile personnel ou disposer d’une adresse administrative stable.

Rédiger les statuts de la SCI familiale

Les statuts constituent le véritable mode d’emploi de la SCI. Ils déterminent notamment son objet, son fonctionnement, les pouvoirs du gérant et les règles applicables entre les associés.

Cette étape mérite donc une attention particulière. Un modèle standard peut servir de base, mais il ne doit pas être considéré comme une réponse suffisante pour un projet patrimonial familial complexe.

Les statuts doivent notamment préciser :

  • la dénomination sociale ;
  • la forme juridique ;
  • l’objet social ;
  • l’adresse du siège social ;
  • la durée de la société ;
  • le montant du capital ;
  • les apports réalisés par les associés ;
  • le nombre et la répartition des parts sociales ;
  • l’identité du ou des gérants ;
  • les pouvoirs du gérant ;
  • les modalités de consultation et de décision des associés ;
  • les règles de majorité ;
  • les conditions de cession des parts ;
  • les clauses d’agrément ;
  • les conséquences du décès d’un associé ;
  • les modalités de retrait ou de sortie d’un associé.

Quelles clauses prévoir dans les statuts d’une SCI familiale ?

Dans une SCI familiale, certaines clauses méritent une attention particulière car elles permettent d’anticiper les situations susceptibles de provoquer des conflits.

La clause d’agrément peut encadrer l’entrée d’un nouvel associé. Le Code civil prévoit par principe que les parts d’une société civile ne peuvent être cédées qu’avec l’agrément de tous les associés, mais les statuts peuvent aménager cette règle dans les conditions prévues par la loi. Ils peuvent notamment prévoir une majorité différente ou certaines dispenses d’agrément.

La question du décès d’un associé doit également être anticipée. Les statuts peuvent prévoir des règles concernant l’agrément des héritiers et les conditions dans lesquelles ceux-ci pourront devenir associés.

Il est également utile de prévoir les modalités de prise de décision pour les opérations importantes : acquisition ou vente d’un immeuble, souscription d’un emprunt, réalisation de travaux importants, modification des statuts ou changement de régime fiscal.

Enfin, lorsque le bien est destiné à être utilisé par les membres de la famille, les statuts ou des conventions complémentaires doivent permettre d’organiser clairement son occupation, la répartition des charges et les conditions de sortie.

Choisir le capital social

La SCI ne nécessite pas, en principe, un capital social élevé. Le capital peut être constitué d’apports en numéraire ou, dans certaines situations, d’apports en nature.

Les apports en numéraire correspondent à des sommes d’argent versées à la société. Les apports en nature peuvent notamment porter sur un bien immobilier.

Le montant du capital doit toutefois être distingué du financement global de l’opération. Une SCI peut disposer d’un capital relativement faible tout en finançant l’acquisition d’un immeuble grâce à un emprunt bancaire ou à d’autres ressources.

Il est donc inutile de choisir arbitrairement un capital élevé uniquement pour donner une apparence de solidité à la société. La répartition des parts, les apports réels des associés et le financement global du projet sont plus importants.

Nommer le gérant

La SCI doit être administrée par un ou plusieurs gérants. Le gérant peut être un associé ou, selon les modalités prévues par les statuts, une personne extérieure à la société.

Dans une SCI familiale, les parents sont fréquemment désignés comme gérants lorsqu’ils souhaitent conserver la gestion du patrimoine tout en transmettant progressivement des parts à leurs enfants.

Le choix du gérant doit néanmoins être pensé sur le long terme. Il faut notamment prévoir ce qui se passe en cas de décès, de démission, d’incapacité ou de remplacement du gérant.

Publier une annonce légale

Après la rédaction et la signature des statuts, la constitution de la SCI doit faire l’objet des formalités de publicité requises.

L’annonce légale permet notamment d’informer les tiers de la création de la société. Son contenu comprend les principales informations relatives à la nouvelle SCI.

Immatriculer la SCI familiale

La création de la SCI se poursuit sur le Guichet unique des formalités des entreprises, géré par l’INPI.

Le dossier comprend les informations relatives à la société, à son activité, à ses dirigeants et à ses bénéficiaires effectifs, ainsi que les pièces justificatives nécessaires. L’INPI précise que les documents demandés dépendent notamment des informations renseignées lors de la procédure.

Une fois les formalités validées, la SCI est immatriculée au registre national des entreprises et au registre du commerce et des sociétés selon les règles applicables.

Combien coûte la création d’une SCI familiale ?

Le coût de création d’une SCI familiale dépend de plusieurs paramètres. Il faut notamment prendre en compte les frais de publicité légale, les frais liés aux formalités d’immatriculation, le coût éventuel de rédaction ou de vérification des statuts et, lorsque l’opération porte sur un immeuble, les frais propres à la transaction immobilière.

Il faut donc distinguer le coût de création de la société du coût de l’opération immobilière.

Dépense À prévoir
Rédaction des statuts Variable selon le mode de rédaction et l’accompagnement choisi
Annonce légale Tarif réglementé selon la nature et le département de publication
Formalités d’immatriculation Frais réglementaires
Accompagnement juridique Variable
Expert-comptable Selon les besoins de la SCI et son régime fiscal
Acte notarié Selon l’opération
Acquisition d’un immeuble Prix du bien + frais d’acquisition
Apport d’un immeuble à la SCI Fiscalité et frais spécifiques à étudier

Lorsque la SCI acquiert directement un immeuble, les frais liés à l’achat sont donc à ajouter au coût de constitution de la société.

De même, l’apport d’un immeuble déjà détenu par un membre de la famille à une SCI ne doit pas être assimilé à un simple apport d’argent : cette opération peut entraîner des conséquences fiscales et des frais qu’il convient d’étudier avec un professionnel.

Comment financer une SCI familiale ?

Une SCI familiale peut financer l’acquisition d’un bien immobilier de plusieurs manières.

Les associés peuvent réaliser des apports en numéraire, c’est-à-dire verser des fonds au capital de la société. La SCI peut également contracter un emprunt bancaire pour financer tout ou partie de l’acquisition.

Les associés peuvent enfin effectuer des avances à la société au moyen d’un compte courant d’associé. Celui-ci permet à un associé de mettre temporairement des fonds à disposition de la SCI sans nécessairement augmenter le capital social.

Le financement doit être organisé avec précision. Il est notamment important de distinguer ce qui relève du capital social, du prêt bancaire et du compte courant d’associé.

Quelles sont les obligations d’une SCI familiale ?

Créer une SCI ne signifie pas que les associés peuvent ensuite oublier la société jusqu’à la prochaine opération immobilière.

La SCI doit fonctionner conformément à ses statuts et respecter ses obligations juridiques, comptables et fiscales.

Tenir une comptabilité adaptée

Le niveau d’obligations comptables dépend notamment du régime fiscal de la SCI et de son activité.

Une SCI à l’IR qui se limite à la location nue dispose généralement d’une comptabilité moins lourde qu’une SCI soumise à l’IS. À l’inverse, une SCI soumise à l’IS doit tenir une comptabilité permettant notamment d’établir ses comptes et sa déclaration fiscale.

Lorsque la SCI exerce une activité de location meublée entraînant son assujettissement à l’IS, les obligations comptables deviennent notamment celles liées à une société soumise à cet impôt, selon la doctrine fiscale applicable aux sociétés civiles.

Organiser les décisions des associés

Les associés doivent également respecter les modalités de consultation et de prise de décision prévues par les statuts.

Le gérant doit rendre compte de sa gestion aux associés au moins une fois par an. Le Code civil prévoit également un droit d’information des associés sur les documents sociaux.

En pratique, il est donc recommandé de conserver les procès-verbaux, décisions collectives, comptes et justificatifs liés à la vie de la SCI.

Effectuer les déclarations fiscales

Les obligations fiscales varient selon le régime d’imposition.

Une SCI relevant de l’IR et donnant des biens nus en location doit notamment effectuer une déclaration n° 2072. Les revenus sont ensuite imposés entre les mains des associés à proportion de leurs droits.

Une SCI soumise à l’IS doit effectuer une déclaration n° 2065 et respecter les obligations comptables et fiscales correspondantes.

Quelle est la responsabilité des associés d’une SCI familiale ?

La responsabilité des associés constitue l’un des points à ne surtout pas négliger.

Contrairement à une idée parfois véhiculée, la SCI ne crée pas une protection patrimoniale comparable à celle d’une société à responsabilité limitée. Les associés d’une société civile répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur part dans le capital social. Les créanciers doivent toutefois avoir préalablement et vainement poursuivi la société avant de pouvoir agir contre un associé.

Prenons un exemple simplifié : une SCI compte trois associés détenant respectivement 50 %, 30 % et 20 % des parts. Si la société ne peut pas régler une dette et que les conditions légales permettant de rechercher la responsabilité des associés sont réunies, leur contribution à la dette sociale est en principe proportionnelle à leur participation au capital.

Cette responsabilité doit être prise en considération lors de la constitution de la SCI et notamment lors de la souscription d’un emprunt immobilier.

Quels sont les avantages d’une SCI familiale ?

La SCI familiale peut présenter plusieurs avantages lorsqu’elle correspond réellement au projet poursuivi.

Organiser la détention d’un patrimoine immobilier

La SCI permet de regrouper un ou plusieurs immeubles dans une même structure juridique. Les membres de la famille détiennent alors des parts sociales plutôt que des droits directs sur chaque bien.

Cette organisation peut simplifier la gestion d’un patrimoine destiné à rester dans la famille sur le long terme.

Faciliter la gestion à plusieurs

La désignation d’un gérant et la définition des règles de majorité permettent d’organiser la prise de décision.

La SCI peut ainsi éviter que chaque opération soit traitée comme une nouvelle situation d’indivision, à condition que les statuts soient correctement rédigés.

Préparer une transmission progressive

La possibilité de transmettre des parts sociales peut permettre d’organiser progressivement la transmission d’un patrimoine immobilier.

Le patrimoine immobilier reste détenu par la société tandis que la composition du capital peut évoluer au fil des donations ou successions.

Maintenir un bien immobilier dans le patrimoine familial

La SCI peut également être utilisée lorsque les membres d’une famille souhaitent conserver un immeuble plutôt que le vendre au moment d’une succession.

Les statuts peuvent organiser les conditions d’entrée et de sortie des associés et contribuer ainsi à la continuité du projet familial.

Quels sont les inconvénients et les risques d’une SCI familiale ?

La SCI familiale n’est pas une solution universelle. Elle présente également des contraintes qu’il faut mesurer avant sa création.

La SCI entraîne des formalités supplémentaires

Créer une société implique une constitution juridique, une immatriculation, des décisions sociales et des obligations déclaratives.

Pour un simple projet d’acquisition d’un bien entre deux personnes qui souhaitent le revendre rapidement, la création d’une SCI peut donc présenter un intérêt limité.

Les associés sont responsables des dettes sociales

Comme indiqué précédemment, la responsabilité des associés d’une SCI est indéfinie à proportion de leur participation au capital. La SCI ne doit donc pas être présentée comme un moyen de protéger automatiquement le patrimoine personnel des associés.

Les conflits familiaux peuvent bloquer la société

Une SCI peut organiser les relations entre associés, mais elle ne supprime pas les divergences d’intérêts.

Un conflit peut notamment porter sur la vente d’un bien, les travaux, l’occupation d’une résidence secondaire, la distribution des bénéfices ou la sortie d’un associé.

Les statuts doivent donc être conçus comme un véritable outil de prévention des conflits.

La sortie d’un associé n’est pas toujours simple

Un associé qui souhaite quitter la SCI ne peut pas nécessairement vendre ses parts à qui il veut.

Les statuts peuvent prévoir une procédure d’agrément et les règles légales encadrent également les cessions de parts. Il faut donc anticiper la possibilité qu’un membre de la famille souhaite récupérer sa mise ou transmettre ses parts.

Depuis le 27 juin 2026, une évolution importante concerne les cessions de parts de personnes morales à prépondérance immobilière : lorsqu’elles entrent dans le champ de l’article 1865-1 du Code civil, la cession doit, sous peine de nullité, être constatée par acte authentique, acte contresigné par avocat ou, dans les seuls cas prévus par la loi, par un expert-comptable habilité.

Le choix de l’IS peut avoir des conséquences importantes

L’IS peut présenter certains intérêts pendant la phase de détention, notamment grâce à la possibilité d’amortir comptablement l’immeuble selon les règles applicables. Mais la fiscalité de la revente est différente de celle d’une SCI relevant de l’IR.

Une comparaison sur la seule fiscalité annuelle peut donc donner une vision trompeuse du coût global du projet.

La location meublée nécessite une vigilance particulière

Une SCI qui exerce régulièrement une activité de location meublée est en principe soumise à l’IS. Elle doit alors respecter les obligations fiscales et comptables correspondantes.

Il faut donc déterminer le mode d’exploitation du bien avant de choisir le régime fiscal de la SCI.

SCI familiale : les 10 erreurs à éviter

1. Créer une SCI sans objectif précis

La SCI doit répondre à un besoin réel : acquisition collective, gestion d’un patrimoine, résidence secondaire, investissement locatif ou transmission.

2. Utiliser des statuts génériques sans les adapter

Les statuts doivent correspondre à la composition de la famille et aux objectifs poursuivis. Une clause mal adaptée peut devenir problématique plusieurs années plus tard.

3. Ne pas anticiper les situations de conflit

Il est préférable de déterminer à l’avance les règles applicables à la vente d’un bien, aux travaux importants ou à la sortie d’un associé.

4. Négliger le décès d’un associé

Une SCI familiale peut avoir vocation à durer plusieurs générations. Les conséquences du décès d’un associé doivent donc être prévues dès sa création.

5. Confondre parts sociales et propriété du bien

Les associés détiennent des parts de la SCI. C’est la société qui est propriétaire du bien immobilier.

6. Croire que la responsabilité des associés est limitée

Les associés d’une SCI répondent indéfiniment des dettes sociales à proportion de leur participation au capital, dans les conditions prévues par le Code civil.

7. Choisir l’IS uniquement pour réduire l’impôt annuel

L’amortissement et le niveau d’imposition pendant la détention ne suffisent pas à déterminer le régime fiscal le plus pertinent. La fiscalité de la revente doit également être intégrée au calcul.

8. Faire de la location meublée sans étudier ses conséquences

La location meublée peut entraîner l’assujettissement de la SCI à l’IS.

9. Négliger les obligations annuelles

Une SCI doit continuer à fonctionner après son immatriculation : gestion, décisions des associés, comptabilité adaptée et déclarations fiscales doivent être suivies.

10. Oublier que le projet peut évoluer

Une SCI créée pour une résidence secondaire peut devenir, quelques années plus tard, un outil de transmission de patrimoine ou d’investissement locatif. Les statuts et la stratégie doivent donc être suffisamment solides pour accompagner l’évolution du patrimoine.

SCI familiale : quels cas de figure ?

La pertinence d’une SCI dépend fortement de la situation de la famille et de l’objectif poursuivi.

SCI familiale entre parents et enfants

Il s’agit de l’une des configurations les plus courantes. Les parents peuvent constituer la SCI avec leurs enfants, conserver la gestion en tant que gérants et organiser progressivement la transmission des parts.

Cette configuration peut notamment être utilisée dans une stratégie patrimoniale de long terme.

SCI familiale entre frères et sœurs

Des frères et sœurs peuvent utiliser une SCI pour organiser la détention d’un bien immobilier commun, notamment lorsqu’ils souhaitent conserver un patrimoine familial après une succession.

La rédaction des statuts doit toutefois anticiper les différences de situation financière ou familiale susceptibles d’apparaître avec le temps.

SCI familiale entre époux

Les époux peuvent également constituer une SCI entre époux afin de détenir un patrimoine immobilier.

Le régime matrimonial, l’origine des fonds et les modalités d’acquisition doivent cependant être pris en compte dans la structuration du projet.

SCI familiale avec des enfants mineurs

Un enfant mineur peut être associé d’une SCI, sous réserve du respect des règles qui lui sont applicables.

Cette possibilité peut s’inscrire dans une stratégie patrimoniale familiale, mais elle doit être étudiée avec prudence. Certaines décisions prises par la société peuvent avoir des conséquences patrimoniales pour le mineur.

SCI familiale pour une résidence secondaire

La SCI peut être utilisée pour conserver une résidence secondaire au sein de la famille.

Dans ce cas, les statuts doivent idéalement prévoir les conditions d’utilisation du logement : périodes d’occupation, participation aux charges, travaux, entretien et conséquences d’un départ.

SCI familiale pour un investissement locatif

La SCI peut acheter un logement destiné à la location et percevoir les loyers.

Le choix entre location nue et location meublée est déterminant sur le plan fiscal. Une SCI qui loue régulièrement en meublé relève en principe de l’IS.

SCI familiale après une succession

Lorsqu’un bien immobilier est transmis à plusieurs héritiers, la SCI peut parfois être envisagée comme un moyen d’organiser la détention du patrimoine.

Il faut cependant distinguer deux situations : créer une SCI avant la transmission et apporter ensuite un bien à une SCI, ou créer une SCI directement dans le cadre d’un projet familial. Les conséquences juridiques et fiscales ne sont pas identiques.

SCI familiale avec un seul bien

Une SCI peut parfaitement être créée pour détenir un seul immeuble.

Le nombre de biens n’est donc pas ce qui détermine l’intérêt d’une SCI. Un unique bien peut suffire si la famille souhaite organiser sa détention, sa gestion ou sa transmission.

SCI familiale avec plusieurs biens

Une SCI peut également détenir plusieurs immeubles. Cette configuration peut faciliter la gestion globale d’un patrimoine immobilier familial.

Elle nécessite toutefois une organisation rigoureuse, notamment pour suivre les financements, les charges, les revenus et la situation de chaque bien.

SCI familiale ou SARL de famille : quelle différence ?

La SCI familiale et la SARL de famille sont parfois confondues parce qu’elles peuvent toutes deux réunir des membres d’une même famille.

Elles répondent pourtant à des objectifs différents.

La SCI familiale est principalement destinée à la détention et à la gestion d’un patrimoine immobilier dans un cadre civil. La SARL de famille est une société commerciale qui peut notamment exercer certaines activités commerciales entre membres d’une même famille.

Le choix entre les deux dépend donc avant tout de l’activité réellement exercée.

Critère SCI familiale SARL de famille
Nature Société civile Société commerciale
Objet principal Gestion et détention immobilière Activité commerciale ou artisanale selon l’objet
Membres Membres d’une famille Membres d’une famille répondant aux conditions légales
Location nue Compatible Possible mais ce n’est pas sa vocation principale
Location meublée Peut entraîner l’IS Peut constituer une activité de la société
Gestion immobilière patrimoniale Adaptée Pas nécessairement adaptée
Transmission de parts Oui Oui

Il est donc important de ne pas choisir une SCI familiale uniquement parce que les associés appartiennent à la même famille. C’est d’abord la nature du projet qui doit déterminer la forme juridique.

SCI familiale ou détention en nom propre ?

La détention directe peut être plus simple lorsqu’une personne achète seule un bien pour son propre compte (voir notre comparatif SCI ou nom propre).

La SCI prend davantage de sens lorsque plusieurs personnes souhaitent organiser ensemble la détention et la gestion d’un patrimoine ou lorsqu’un objectif de transmission progressive est recherché.

Détention en nom propre SCI familiale
Simplicité de fonctionnement Organisation sociétaire
Pas de statuts Statuts obligatoires
Propriété directe du bien Propriété du bien par la SCI
Pas de gérant Gérant
Pas de parts sociales Parts sociales
Transmission directe du bien ou des droits Transmission possible des parts

SCI familiale ou donation directe d’un bien ?

La SCI et la donation directe répondent à deux logiques différentes.

La donation d’un bien immobilier permet de transmettre directement la propriété de celui-ci, tandis que la SCI permet de transmettre des parts sociales représentant des droits dans une société qui possède le bien.

Dans une stratégie patrimoniale, le choix peut notamment dépendre du nombre de bénéficiaires, de la volonté de conserver le contrôle ou la jouissance du bien, de la valeur du patrimoine et des objectifs du donateur.

Une étude notariale est particulièrement pertinente lorsque la transmission représente un enjeu important.

Combien coûte une SCI familiale chaque année ?

Le coût annuel dépend fortement de l’activité de la société et de son régime fiscal.

Une SCI familiale qui détient un bien loué nu et dont les associés assurent eux-mêmes une partie de la gestion peut avoir des coûts de fonctionnement relativement limités.

À l’inverse, une SCI soumise à l’IS, détenant plusieurs biens et nécessitant une comptabilité complète, peut générer des frais comptables et administratifs plus importants.

Les dépenses à prévoir peuvent notamment comprendre :

  • les frais bancaires ;
  • l’assurance du ou des biens ;
  • la comptabilité ;
  • les déclarations fiscales ;
  • les frais de gestion ;
  • les éventuels honoraires juridiques ;
  • les frais liés aux assemblées ou modifications statutaires ;
  • la taxe foncière ;
  • les charges liées aux immeubles.

Il faut également distinguer les dépenses de la société de celles qui incombent directement aux associés.

Comment gérer une SCI familiale au quotidien ?

Une SCI familiale doit être administrée comme une véritable société, même lorsqu’elle ne réunit que deux ou trois membres d’une même famille.

Le gérant doit assurer le suivi administratif et financier de la société, tandis que les associés doivent être consultés conformément aux statuts et aux règles légales applicables.

Les documents importants doivent être conservés : statuts à jour, procès-verbaux, relevés bancaires, factures, contrats, déclarations fiscales et documents relatifs aux biens immobiliers.

Le Code civil prévoit notamment que les gérants rendent compte de leur gestion aux associés au moins une fois par an.

Que faire lorsqu’un associé veut vendre ses parts ?

La vente de parts sociales doit être anticipée car elle ne fonctionne pas comme la vente d’une action cotée.

Les statuts peuvent encadrer la cession de parts sociales et prévoir une procédure d’agrément. À défaut de dispositions particulières, le Code civil prévoit des règles spécifiques concernant l’agrément des cessions de parts dans les sociétés civiles.

Il faut également tenir compte de la réforme entrée en vigueur le 27 juin 2026 concernant certaines cessions de parts de personnes morales à prépondérance immobilière. Dans le champ de l’article 1865-1 du Code civil, un acte authentique, un acte contresigné par avocat ou, dans les conditions prévues par la loi, un acte établi par un expert-comptable est désormais requis sous peine de nullité (texte sur Légifrance).

Cette évolution renforce l’intérêt de faire accompagner juridiquement une cession de parts de SCI lorsqu’elle entre dans le champ du dispositif.

SCI familiale : exemples concrets

Exemple 1 : un couple avec deux enfants possède une maison

Prenons l’exemple d’un couple qui possède une maison d’une valeur de 600 000 € et souhaite progressivement transmettre son patrimoine à ses deux enfants tout en conservant une organisation familiale autour du bien.

Une SCI peut être constituée dans le cadre d’une stratégie patrimoniale adaptée. La société détient alors l’immeuble et les parents détiennent initialement tout ou partie des parts.

Ils peuvent ensuite envisager, avec l’accompagnement d’un notaire, de transmettre progressivement certaines parts à leurs enfants.

Le patrimoine immobilier reste détenu par la SCI tandis que la répartition des parts évolue.

La situation peut encore être organisée par un démembrement des parts : les parents peuvent, dans certaines configurations, conserver l’usufruit tandis que les enfants reçoivent la nue-propriété.

L’objectif n’est pas de supprimer les droits de donation ou de succession, mais d’organiser à l’avance la transmission du patrimoine et d’éviter que le bien lui-même doive être partagé ou vendu pour régler la succession.

Exemple 2 : deux frères héritent d’une maison

Deux frères héritent d’une maison familiale et souhaitent tous deux la conserver.

Une indivision peut être maintenue, mais elle implique une organisation spécifique et peut devenir difficile à gérer lorsque leurs projets divergent.

Une SCI peut, selon la situation et sous réserve de l’étude des conséquences fiscales et juridiques de l’opération, constituer un cadre différent : la société devient propriétaire de l’immeuble et chacun des frères détient des parts.

La SCI ne règle toutefois pas automatiquement les désaccords. Son intérêt repose précisément sur la possibilité de prévoir à l’avance des règles de gestion, de majorité et de sortie.

SCI familiale : faut-il passer par un notaire ?

Le recours à un notaire n’est pas nécessaire pour toutes les étapes de création d’une SCI. En revanche, son intervention peut devenir indispensable ou fortement recommandée lorsque le projet porte sur un immeuble, une donation, un démembrement, une succession ou un apport immobilier.

Le notaire peut notamment sécuriser les opérations portant sur la propriété immobilière et analyser les conséquences civiles et fiscales de la transmission.

Pour un projet familial patrimonial important, il est donc préférable de distinguer la simple création administrative de la SCI de la construction d’une stratégie patrimoniale globale.

Conclusion : la SCI familiale est-elle adaptée à votre projet ?

La SCI familiale peut constituer un outil particulièrement intéressant pour organiser la détention d’un patrimoine immobilier à plusieurs, notamment lorsque la famille souhaite conserver un bien sur le long terme ou préparer progressivement sa transmission.

Son principal intérêt réside dans la possibilité de dissocier la propriété de l’immeuble, détenu par la société, des droits des membres de la famille, représentés par les parts sociales. Les statuts permettent également d’organiser la gouvernance, les pouvoirs du gérant, les conditions de cession et certaines situations susceptibles de provoquer des conflits.

La SCI familiale n’est toutefois ni un mécanisme d’exonération successorale ni une solution fiscale automatiquement avantageuse. La responsabilité indéfinie des associés, les obligations administratives, le choix entre IR et IS, les conséquences de la location meublée et la fiscalité de la revente doivent être intégrés à la réflexion.

Avant de créer une SCI familiale, il est donc essentiel de partir du projet patrimonial : qui apporte quoi, quel bien doit être détenu, comment sera-t-il financé, qui doit le gérer, qui doit pouvoir l’utiliser et comment sera-t-il transmis ?

Une fois ces questions clarifiées, les statuts peuvent être conçus pour accompagner la famille dans la durée et éviter que les difficultés ne soient découvertes au moment où elles deviennent difficiles à résoudre.

 

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Rédigé par notre expert Céline
le 26 septembre 2023
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Questions fréquentes

Peut-on sortir d'une SCI familiale ?
Chevron
Oui, un associé peut, dans certaines conditions, céder ses parts ou demander son retrait. La possibilité de vendre les parts dépend notamment des statuts, des règles d'agrément et de la situation des autres associés. Une sortie doit donc être anticipée dès la création de la SCI, particulièrement lorsqu'il existe plusieurs associés appartenant à différentes branches de la famille.
Quel est l'intérêt d'une SCI familiale ?
Chevron
La SCI familiale permet à plusieurs membres d'une famille d'organiser la détention et la gestion d'un ou plusieurs biens immobiliers au sein d'une société. Elle peut également faciliter certaines stratégies de transmission par la détention et la donation progressive de parts sociales. Elle présente toutefois des obligations et des coûts propres à la vie d'une société et n'est donc pas nécessairement pertinente pour tous les projets immobiliers.
Combien faut-il être pour créer une SCI familiale ?
Chevron
Il faut au minimum deux associés pour constituer une SCI. Les associés peuvent être des membres d'une même famille, notamment des parents et leurs enfants ou des frères et sœurs. La SCI familiale n'est donc pas une forme juridique destinée à une personne seule.
Peut-on créer une SCI familiale avec ses enfants ?
Chevron
Oui. Des parents peuvent créer une SCI avec leurs enfants. Des enfants mineurs peuvent également être associés dans certaines conditions, en respectant les règles protectrices qui leur sont applicables. Lorsque la SCI s'inscrit dans une stratégie de transmission, la répartition des parts et les pouvoirs du gérant doivent être étudiés avec attention.
Une SCI familiale permet-elle d'éviter les droits de succession ?
Chevron
Non. Une SCI familiale ne supprime pas les droits de succession. Elle peut néanmoins être utilisée dans une stratégie de transmission anticipée, notamment grâce à la donation progressive de parts sociales et, dans certaines situations, au démembrement de ces parts. Les conséquences fiscales dépendent de la situation familiale, de la valeur des parts, des donations déjà réalisées et de la stratégie patrimoniale retenue.
Peut-on louer un bien meublé avec une SCI familiale ?
Chevron
Oui, mais une SCI qui exerce régulièrement une activité de location meublée relève en principe de l'impôt sur les sociétés. Elle doit alors respecter les obligations fiscales et comptables correspondant à ce régime. La location nue et la location meublée ne doivent donc pas être assimilées dans une SCI familiale.
Qui paie les impôts d'une SCI familiale ?
Chevron
La réponse dépend du régime fiscal de la société. Dans une SCI relevant de l'IR, le résultat est imposé entre les mains des associés selon leur quote-part. Dans une SCI soumise à l'IS, c'est la société qui acquitte l'impôt sur son résultat. Le choix du régime fiscal doit être étudié en fonction de la durée de détention, du type de location, des revenus et de la stratégie de revente.
Peut-on vendre un bien détenu par une SCI familiale ?
Chevron
Oui. Une SCI peut vendre un immeuble dont elle est propriétaire, sous réserve du respect des règles de décision prévues par les statuts et de la réglementation applicable. La fiscalité de la vente dépend notamment du régime fiscal de la SCI : une SCI relevant de l'IR et une SCI soumise à l'IS ne sont pas soumises au même régime de plus-value.