Fixer son TJM (taux journalier moyen) au hasard, en copiant un tarif vu sur un forum ou en s'alignant sur le premier concurrent trouvé, est l'un des moyens les plus sûrs de sous-évaluer durablement son travail. Alors comment biuen calculer son TJM ? Ce guide détaille la formule, les pièges classiques, et donne des repères de tarifs par métier.
Le TJM se calcule en divisant le revenu total nécessaire (rémunération nette visée, cotisations sociales, charges professionnelles) par le nombre réel de jours facturables sur l'année. Contrairement à une idée répandue, le nombre de jours facturables n'est jamais égal au nombre de jours ouvrés : il faut soustraire congés, prospection, administratif et périodes creuses, ce qui ramène généralement à 13-17 jours facturables par mois plutôt qu'aux 20-22 jours théoriques.
Trois éléments entrent dans le calcul :
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La rémunération nette visée, c'est-à-dire ce que vous souhaitez réellement percevoir chaque mois une fois cotisations et impôts réglés.
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Les cotisations sociales, dont le taux varie selon la nature de l'activité — un point détaillé par l'URSSAF et qu'il faut intégrer dans le calcul avant de fixer un tarif, sous peine de sous-évaluer son revenu réellement disponible.
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Les charges professionnelles récurrentes : assurance, mutuelle, logiciels, éventuel coworking, matériel.
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Le nombre de jours réellement facturables, après déduction des congés (25 à 30 jours par an), du temps passé sur la prospection et l'administratif, et d'une marge de sécurité pour les périodes creuses.
La formule s'écrit ainsi : (rémunération nette visée + cotisations sociales + charges professionnelles) ÷ nombre de jours facturables = TJM.
Pourquoi le nombre de jours facturables est presque toujours surestimé
Sur une année de 245 jours ouvrés, un freelance qui débute consacre souvent plusieurs semaines à la prospection, à la facturation et à la gestion administrative — du temps non facturé qui vient directement réduire le nombre de jours vendables. Une hypothèse réaliste tourne autour de 13 à 17 jours facturables par mois, et non 20, une erreur de calcul qui conduit mécaniquement à un TJM sous-évalué de 20 à 40 %.
Exemple de calcul en micro-entreprise
Une graphiste en micro-entreprise vise un revenu net de 3 000 € par mois, avec environ 300 € de charges professionnelles mensuelles (logiciels, assurance, mutuelle), et facture en moyenne 13 jours par mois une fois la prospection déduite. Son TJM cible s'établit à (3 000 € + 300 €) ÷ 13, soit environ 254 € HT par jour.
À l'inverse, une développeuse visant 7 000 € nets par mois avec 600 € de charges et 17 jours facturables obtient un TJM de (7 000 € + 600 €) ÷ 17, soit environ 447 € HT — l'écart s'explique autant par le revenu visé que par le nombre de jours facturables, très différent selon le métier et l'expérience.
Les fourchettes de TJM par métier
| Métier |
TJM moyen constaté |
| Rédacteur web |
300 à 400 € |
| Graphiste |
450 à 600 € |
| Développeur |
500 à 800 € |
| Consultant |
600 à 1 000 € |
Ces fourchettes varient sensiblement selon l'expérience, la localisation géographique — un TJM parisien dépasse fréquemment celui pratiqué en région — et la réputation professionnelle déjà construite, notamment via les outils freelances et plateformes utilisés pour trouver ses missions.
Sur des plateformes comme celles présentées dans notre guide sur les sites freelance, afficher un TJM clair dès le profil facilite la présélection par les clients et évite les négociations à la baisse sur un tarif jamais annoncé. Un tarif dissimulé attire souvent des demandes de devis mal calibrées, où le client découvre le prix réel trop tard dans l'échange. Bpifrance Création rappelle d'ailleurs qu'un tarif cohérent et assumé dès le départ évite d'avoir à le revoir brutalement à la hausse une fois les premiers clients acquis, une correction souvent mal perçue.
Selon votre profil
| Profil |
Point de vigilance sur le TJM |
| Débutant, premières missions |
Éviter de brader son tarif pour décrocher une première référence, au risque de l'ancrer durablement trop bas |
| Freelance confirmé changeant de secteur client |
Recalculer le TJM plutôt que de reprendre l'ancien, les budgets variant fortement d'un secteur à l'autre |
| Revenu très irrégulier d'un mois à l'autre |
Intégrer une marge de sécurité dans le calcul plutôt que de viser le strict minimum |
| Mission longue en régie chez un même client |
Un TJM légèrement inférieur peut se justifier par la visibilité apportée sur plusieurs mois |
Les erreurs fréquentes à éviter
- Calculer son TJM sur la base de 20 jours facturables par mois, un chiffre presque jamais atteint en réalité.
- Oublier d'intégrer les charges professionnelles récurrentes (assurance, mutuelle, logiciels) dans le calcul.
- Reprendre le TJM d'un confrère sans tenir compte de sa propre expérience, de sa localisation ou de ses charges.
- Ne jamais revoir son TJM à la hausse une fois une expérience solide constituée, par crainte de perdre des clients habitués à l'ancien tarif.
- Négocier son TJM à la baisse dès la première demande, sans avoir vérifié au préalable le budget réel du client.
Rédigé par notre expert Céline
le 18 août 2026