Les conditions pour bénéficier du congé maternité
Depuis la suppression du RSI en 2020, toutes les auto-entrepreneuses sont affiliées à la CPAM (Caisse Primaire d'Assurance Maladie) de leur lieu de résidence pour leurs prestations maladie et maternité. C'est une bonne nouvelle : les démarches sont les mêmes que pour une salariée.
Pour percevoir les prestations maternité, deux conditions s'appliquent :
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Être affiliée à la Sécurité sociale depuis au moins 6 mois avant la date présumée de l'accouchement (DPA)
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Cesser toute activité professionnelle pendant au minimum 56 jours consécutifs pour les indemnités journalières (44 jours pour la seule allocation forfaitaire)
Bonne nouvelle depuis 2020 : Il n'est plus nécessaire d'être à jour de ses cotisations Urssaf pour bénéficier des prestations maternité. Même si vous avez des arriérés, vous restez éligible dès lors que vous êtes affiliée depuis 6 mois.
Les deux prestations maternité en 2026
Le régime maternité des travailleuses indépendantes comprend deux aides distinctes, cumulables entre elles.
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Allocation forfaitaire de repos maternité : 4 005 €
Versée en deux fois, brute, quelle que soit la durée d'arrêt (au-delà de 44 jours)
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Maximum IJSS / jour : 65,84 €
Indemnité journalière versée pour chaque jour d'arrêt effectif, basée sur les revenus
L'allocation forfaitaire de repos maternité
C'est une somme fixe de 4 005 € bruts en 2026, versée en deux fois :
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Première moitié (2 002,50 €) : à la présentation du certificat de grossesse du 7e mois, envoyé à la CPAM
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Seconde moitié (2 002,50 €) : après l'accouchement, à la présentation de l'acte de naissance
Cette allocation est versée sous condition d'un arrêt d'activité effectif d'au moins 44 jours consécutifs. Elle n'est pas proportionnelle à vos revenus — c'est un forfait identique pour toutes.
Les indemnités journalières (IJSS)
Les indemnités journalières sont versées pour chaque jour d'arrêt effectif, dans la limite de la durée légale du congé. Leur montant est calculé sur la base des revenus déclarés, avec un plafond de 65,84 €/jour en 2026.
Pour les percevoir, vous devez cesser toute activité pendant au minimum 56 jours consécutifs (8 semaines). Ce seuil est strict : toute activité facturée pendant cette période entraîne la suspension des IJSS.
Exemple concret : Une consultante qui déclare 40 000 € de CA/an (BNC) et arrête son activité 16 semaines (durée complète du congé pour un 1er enfant) percevra l'allocation forfaitaire de 4 005 € + des IJSS calculées sur ses revenus des 3 dernières années, dans la limite de 65,84 €/j × 112 jours = 7 374 € d'IJSS maximum. Soit un total potentiel d'environ 11 379 € sur la période.
Durée du congé maternité selon la situation
La durée légale du congé maternité est identique à celle des salariées :
| Situation |
Durée totale |
Avant accouchement |
Après accouchement |
| 1er ou 2e enfant |
16 semaines |
6 semaines |
10 semaines |
| 3e enfant ou plus |
26 semaines |
8 semaines |
18 semaines |
| Grossesse gémellaire |
34 semaines |
12 semaines |
22 semaines |
| Grossesse triple ou + |
46 semaines |
24 semaines |
22 semaines |
La durée minimale d'arrêt obligatoire est de 56 jours consécutifs (8 semaines), dont au moins 6 semaines après l'accouchement. En deçà de ce seuil, les IJSS ne sont pas versées.
Attention à la période postnatale : Les 6 semaines post-accouchement sont obligatoires. Même si vous vous sentez en forme, toute reprise d'activité pendant cette période entraîne la perte des IJSS. La CPAM peut contrôler et récupérer les sommes versées à tort.
Le cas des revenus faibles : la règle des 10 %
C'est le principal écueil méconnu du congé maternité pour les auto-entrepreneuses. Si vos revenus moyens des 3 dernières années civiles sont inférieurs à 4 582 € par an (seuil 2026), vos prestations sont réduites à 10 % des montants normaux.
Concrètement, cela signifie :
- Allocation forfaitaire réduite à environ 400 € au lieu de 4 005 €
- IJSS réduites à environ 6,58 €/jour au lieu de 65,84 €
Cette situation touche notamment les auto-entrepreneuses qui viennent de créer leur activité, celles qui ont eu un CA très faible les premières années, ou celles qui ont exercé une activité très partielle.
Conseil : Si vous envisagez une grossesse dans les prochaines années, déclarez un chiffre d'affaires régulier, même modeste. 4 582 €/an représente environ 382 €/mois de CA déclaré. Le seuil à franchir est relativement bas — l'anticiper sur 3 ans fait une vraie différence sur les prestations perçues.
Les démarches pas à pas
Étape 1 — Déclarer la grossesse (avant 14 semaines)
La déclaration de grossesse doit être effectuée avant la fin de la 14e semaine d'aménorrhée. Elle se fait auprès de votre CPAM et de la CAF. Depuis votre espace Ameli.fr, vous pouvez télécharger le formulaire de déclaration ou le compléter en ligne. Cette déclaration déclenche l'envoi du carnet de maternité et l'accès aux formulaires d'indemnisation.
Étape 2 — Envoyer le certificat du 7e mois
Lors du 7e mois de grossesse, votre médecin établit une attestation. Envoyez-la à votre CPAM accompagnée du formulaire de demande de l'allocation forfaitaire (téléchargeable sur Ameli.fr). C'est à ce moment que vous recevez la première moitié de l'allocation forfaitaire (2 002,50 €).
Étape 3 — Déclarer l'arrêt d'activité à l'Urssaf
Informez l'Urssaf de votre cessation temporaire d'activité. Cela suspend vos obligations déclaratives pendant la période d'arrêt et évite tout quiproquo sur les cotisations dues pendant le congé.
Étape 4 — Après l'accouchement : envoyer l'acte de naissance
Dans les semaines suivant la naissance, transmettez l'acte de naissance à votre CPAM pour recevoir la seconde moitié de l'allocation forfaitaire (2 002,50 €). Les IJSS sont versées chaque mois sur attestation de votre arrêt effectif d'activité.
Sur Ameli.fr : Connectez-vous à votre espace personnel → rubrique "Maternité" → "Mes documents". Vous y trouverez tous les formulaires pré-remplis : déclaration d'interruption d'activité, demande d'allocation forfaitaire, attestation de reprise d'activité.
Que faire pendant le congé avec votre micro-entreprise ?
Votre micro-entreprise reste ouverte pendant votre congé maternité — vous n'avez pas à la fermer. En revanche, vous ne pouvez exercer aucune activité facturée pendant la période d'arrêt obligatoire (56 jours minimum) sous peine de perdre les IJSS.
Ce que vous pouvez faire sans risquer vos indemnités : mettre en pause votre activité sans la cesser définitivement, maintenir votre domiciliation d'entreprise, garder votre numéro SIRET actif, et préparer votre reprise (sans facturer). À votre retour, votre entreprise est exactement où vous l'avez laissée.
Ce que vous ne pouvez pas faire pendant l'arrêt obligatoire : répondre à des devis et les signer, facturer des prestations, assister à des réunions clients rémunérées, ou exercer toute autre mission dans le cadre de votre activité.
Le congé paternité pour le second parent indépendant
Depuis la réforme de 2021, le second parent travailleur indépendant bénéficie d'un congé paternité aligné sur celui des salariés :
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25 jours calendaires (naissance simple), dont 4 jours obligatoires
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32 jours calendaires (naissance multiple)
- Indemnités journalières dans la limite de 65,84 €/jour en 2026
Les conditions sont identiques à celles de la maternité : affiliation depuis 6 mois, arrêt effectif d'activité, revenus suffisants. La demande se fait sur Ameli.fr ou par courrier à la CPAM, avec l'acte de naissance.
À noter : Depuis juillet 2026, la LFSS a introduit un nouveau congé de naissance complémentaire — 1 à 2 mois indemnisés pour chaque parent, cumulable avec le congé maternité/paternité existant. Les modalités détaillées sont en cours de déploiement. Suivez les mises à jour sur Ameli.fr.
Rédigé par notre expert Céline
le 23 juin 2026