Combien coûte une assurance quand on est auto-entrepreneur ? Pour une activité de service peu risquée, une responsabilité civile professionnelle (RC pro) démarre autour de 13 € par mois. À l'autre bout de l'échelle, une décennale de maçon peut dépasser 2 000 € par an. Entre les deux, le prix dépend de votre activité, de votre chiffre d'affaires et des garanties choisies.
Combien coûte une assurance auto-entrepreneur ?
Il n'existe aucun tarif officiel : chaque assureur fixe librement ses prix. La fiche de Service-Public sur les assurances du micro-entrepreneur ne donne d'ailleurs aucun montant et se contente de lister les facteurs qui font varier la facture.
Les chiffres publiés viennent donc d'assureurs, de courtiers et de comparateurs, c'est-à-dire de sources commerciales. Nous avons relevé celles de plusieurs acteurs le 3 novembre 2026 et nous les citons avec leur origine. Ce sont des ordres de grandeur, pas des devis : seul un devis personnalisé engage l'assureur.
| Garantie |
Prix d'entrée relevé |
Fourchette courante annoncée |
| RC pro |
À partir de 12,70 € par mois (Hiscox, assureur), environ 13 € par mois (Orus, courtier) |
180 à 300 € par an (Orus), 100 à 200 € par an (LeLynx, comparateur) |
| Décennale |
À partir de 69 € par mois (Orus), 500 € par an (Coover, courtier) |
850 à 1 800 € par an (Orus), 700 à 2 000 € par an (Coover) |
| Multirisque professionnelle |
À partir de 400 € par an (Coover) |
De quelques centaines d'euros à un peu plus de 1 000 € par an (Coover) |
| Protection juridique |
À partir de 100 € par an (Coover) |
50 à 200 € par an (Coover) |
Ces chiffres ne se recoupent pas toujours : une même source peut afficher des minima différents dans son tableau et dans son texte. Nous retenons donc des fourchettes larges plutôt qu'un prix unique, et nous vous déconseillons de budgétiser sur la seule base d'un prix d'appel.
Faut-il s'assurer quand on est auto-entrepreneur ?
Cela dépend de votre activité. Selon Service-Public, certaines assurances sont obligatoires selon la situation : celle des véhicules utilisés pour l'activité, celle des locaux loués (incendie, explosion, dégâts des eaux, catastrophes naturelles) et une complémentaire santé collective si vous avez des salariés, l'employeur finançant au moins 50 % de la cotisation.
Pour les professions réglementées, la RC pro est souvent exigée : la fiche cite par exemple les avocats et les infirmiers. Certains métiers du bâtiment, comme les peintres, doivent aussi souscrire une garantie décennale. L'annuaire des activités et professions réglementées de l'INPI permet de vérifier votre cas.
Hors obligation légale, l'assurance reste fortement conseillée dès qu'un client ou un tiers peut vous réclamer une indemnisation. En cas de dommage causé à un client, c'est à vous d'en assumer les conséquences financières. Notre guide sur l'assurance professionnelle détaille les garanties qui existent.
Service-Public mentionne aussi la microassurance : des contrats à moindre coût pour les entreprises de moins de 10 salariés et de moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ou de bilan. Elle s'adresse à ceux qui démarrent, n'ont pas besoin d'un gros stock et sont accompagnés par un réseau d'aide à la création financé. Vous pouvez y choisir une RC pro ou une complémentaire santé.
Si vous louez un local, l'assurance est obligatoire. Si vous travaillez chez vous, une domiciliation d'auto-entrepreneur permet de séparer l'adresse de votre activité de celle de votre domicile, mais elle ne remplace en rien une assurance.
Prix de la RC pro selon l'activité
La RC pro prend en charge les dommages causés involontairement à vos clients ou à des tiers dans le cadre de votre activité. C'est la garantie de base et la moins chère. Les courtiers publient des prix par métier, qui permettent de se repérer.
| Activité |
Prix annoncé |
Source |
| Prestataire de services (conseil, formation, informatique, marketing) |
180 € par an |
Coover |
| Graphiste |
180 € par an, environ 50 € par an |
Coover, LeLynx |
| Photographe |
180 € par an, environ 50 € par an |
Coover, LeLynx |
| Coach sportif |
200 € par an, 250 € par an |
Coover, LeLynx |
| Bien-être (masseur, acupuncteur, réflexologue) |
280 € par an |
Coover |
| Agent commercial immobilier |
105 € par an, jusqu'à 350 ou 400 € par an |
Coover, LeLynx |
| Coach en nutrition (60 000 € de chiffre d'affaires) |
198 € par an, soit 16,50 € par mois |
Orus |
| Développeur full-stack (80 000 € de chiffre d'affaires) |
420 € par an, soit 35 € par mois |
Orus |
| Conseil en stratégie (100 000 € de chiffre d'affaires) |
270 € par an, soit 22,50 € par mois |
Orus |
| Activités du bâtiment (RC pro seule) |
300 à 400 € par an |
Coover |
Les écarts sont importants : pour un graphiste ou un photographe, on passe de 50 € à 180 € par an selon la source. Ils s'expliquent par les garanties retenues, les plafonds et franchises, le chiffre d'affaires assuré, et par une méthode de calcul que ces pages ne détaillent pas. Les montants d'Orus sont donnés toutes taxes comprises.
Un point de vigilance : le plafond de chiffre d'affaires du régime micro en prestations de services est de 83 600 € HT pour les revenus de 2026, selon Service-Public. L'exemple d'un consultant à 100 000 € de chiffre d'affaires concerne donc plutôt une entreprise au régime réel qu'un micro-entrepreneur.
Côté franchise, Orus indique qu'une RC pro peut se souscrire sans franchise, alors qu'une décennale en comporte généralement une d'au moins 500 €, souvent 500 ou 1 000 €. C'est l'un des premiers critères à comparer d'un devis à l'autre, car il change autant le prix que l'indemnisation.
Décennale et multirisque : le vrai budget des métiers du bâtiment
Pour les métiers du bâtiment, la garantie décennale change l'ordre de grandeur. Selon Orus, courtier immatriculé à l'Orias, elle démarre autour de 69 € par mois pour une activité peu risquée, avec une moyenne de 850 € par an et jusqu'à 3 400 € par an pour un couvreur.
| Profil (source Orus, TTC) |
Chiffre d'affaires |
Par mois |
Par an |
| Maçon |
50 000 € |
170 € |
2 040 € |
| Charpentier |
60 000 € |
183 € |
2 196 € |
| Menuisier d'intérieur |
70 000 € |
74 € |
888 € |
Ces exemples montrent l'écart entre gros œuvre et second œuvre : un menuisier d'intérieur paie moins de la moitié de la prime d'un maçon, malgré un chiffre d'affaires plus élevé. Orus cite aussi un peintre à environ 840 € par an.
Ne confondez pas les deux garanties. La RC pro couvre les dommages causés à un client ou à un tiers dans le cadre de vos prestations, tandis que la décennale protège le maître d'ouvrage contre les désordres graves pendant dix ans. Si votre métier relève de la construction, la seconde n'est pas facultative.
Notre dossier sur la décennale pour auto-entrepreneur détaille les profils débutant et expérimenté, car l'ancienneté du professionnel pèse sur la prime.
Pour la multirisque professionnelle, qui protège locaux, matériel et stocks, Coover annonce un prix à partir de 400 € par an, de quelques centaines à un peu plus de 1 000 € selon la valeur des biens à couvrir. L'assurance des pertes d'exploitation, qui compense une interruption d'activité, se situerait entre 100 et 1 000 € par an.
Si vous êtes artisan, lisez aussi notre article sur l'assurance artisan pour savoir quelles garanties sont obligatoires selon le métier, avant de comparer les prix.
Protection juridique, mutuelle, options : le reste du budget
Le prix d'appel d'un assureur ne dit pas tout. Hiscox annonce une RC pro à partir de 12,70 € par mois, mais sa page ne précise ni plafonds ni franchise, et indique que le tarif dépend notamment des plafonds de garantie et des franchises choisis. Demandez toujours ces deux éléments avant de comparer.
La protection juridique prend en charge les frais d'avocat et de procédure en cas de litige. À titre d'exemple, la Macif plafonne cette prise en charge à 16 000 € HT par sinistre dans son contrat distinct. Les prix annoncés par Coover vont de 50 à 200 € par an.
La mutuelle santé est un autre budget, hors des fourchettes ci-dessus. Les montants dépendent surtout de l'âge et du niveau de remboursement : notre guide sur la mutuelle d'auto-entrepreneur en donne les ordres de grandeur.
Ce qui fait varier le prix de votre assurance
L'activité exercée. C'est le premier critère : le bâtiment, la santé et l'alimentation sont plus chers à assurer que le conseil ou la création graphique, car le risque de sinistre y est plus élevé.
Le chiffre d'affaires. Plus il est élevé, plus la prime augmente. Déclarez-le avec exactitude : un chiffre sous-évalué peut être contesté par l'assureur en cas de sinistre.
Les garanties choisies. Plafonds, franchises, exclusions et options (protection juridique, matériel informatique, marchandises) modifient la prime, mais surtout l'indemnisation réelle que vous toucherez en cas de problème.
La zone géographique et l'expérience. Orus relève que le lieu pèse surtout sur la décennale, les régions exposées aux sinistres coûtant davantage. Pour cette même garantie, Coover cite la nature des travaux, l'expérience et le chiffre d'affaires.
La valeur du matériel. Pour la multirisque, plus les biens à couvrir sont chers (ordinateurs, outils, stock), plus la prime grimpe.
Trois budgets types pour se repérer
Voici trois exemples construits en additionnant les fourchettes relevées plus haut. Ce sont des estimations indicatives, pas des devis, et elles ne tiennent compte ni de la mutuelle ni de l'assurance d'un véhicule.
| Profil |
Garanties retenues |
Budget annuel indicatif |
| Freelance en conseil ou en informatique |
RC pro (180 à 420 €) et protection juridique (50 à 200 €) |
De 230 à 620 €, soit 19 à 52 € par mois |
| Coach sportif |
RC pro (200 à 250 €) et protection juridique (50 à 200 €) |
De 250 à 450 €, soit 21 à 38 € par mois |
| Artisan du second œuvre |
Décennale (850 à 1 800 €) et multirisque (dès 400 €) |
De 1 250 à 2 200 € et plus, soit 104 à 183 € par mois |
Pour un artisan, la décennale pèse l'essentiel du budget. Pour un indépendant du conseil, c'est la RC pro qui domine, avec quelques dizaines d'euros par mois seulement.
L'assurance professionnelle est-elle déductible ?
Tout dépend de votre régime fiscal. En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire tient lieu de prise en compte des charges : 34 % du chiffre d'affaires pour les activités libérales (BNC), 50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) et 71 % pour la vente de marchandises, selon la fiche Service-Public sur le régime micro-fiscal.
Autrement dit, ce ne sont pas les charges réelles qui sont déduites : une prime d'assurance n'est donc pas déductible séparément, elle est déjà prise en compte dans l'abattement. Pour 65 000 € de chiffre d'affaires en prestations de services commerciales, le bénéfice imposable est de 32 500 €, quelles que soient vos primes.
Notre page sur l'abattement micro-BNC explique ce calcul en détail, et celle sur les charges du micro-entrepreneur montre l'impact réel des cotisations sur votre revenu.
Au régime réel, en revanche, les frais réellement engagés se déduisent du résultat. Une prime d'assurance professionnelle y est en principe une charge déductible, point à confirmer avec votre comptable selon la nature de la garantie.
Pour un micro-entrepreneur, l'assurance est donc un coût net de trésorerie, sans économie d'impôt directe. Ce n'est pas une raison de s'en passer : une seule réclamation non couverte pourrait coûter bien plus cher que plusieurs années de primes.
Comparez au moins trois devis, à garanties strictement identiques : mêmes plafonds, mêmes franchises, mêmes exclusions. Un prix plus bas s'explique souvent par une couverture plus étroite, pas par une meilleure affaire.
Déclarez votre activité exacte et son chiffre d'affaires réel, y compris vos activités annexes. Une activité non déclarée peut ne pas être couverte, et un chiffre d'affaires mal estimé peut être contesté en cas de sinistre.
Vérifiez l'intermédiaire avant de signer. Un courtier doit être immatriculé à l'Orias, le registre des intermédiaires en assurance : contrôlez son numéro d'immatriculation plutôt que de vous fier à une mention sur son site.
Réévaluez chaque année. Quand votre chiffre d'affaires change, que votre activité évolue ou que vous embauchez, vos garanties doivent suivre : n'attendez pas l'échéance pour demander un nouveau devis. Si vous démarrez, la microassurance peut aussi alléger la facture.
Les erreurs fréquentes quand on compare les tarifs
Prendre le prix d'appel pour le prix final. Un « à partir de » correspond au profil le moins risqué et aux garanties les plus basses. Le devis réel peut être plus élevé, parfois plusieurs fois.
Comparer des garanties différentes. Deux contrats à 200 € par an n'offrent pas la même protection si l'un plafonne l'indemnisation à un montant bas ou exclut une partie de votre activité.
Oublier une assurance obligatoire. Véhicule professionnel, local loué, décennale pour un métier du bâtiment : ces garanties ne sont pas des options. Vérifiez-les avant de vous concentrer sur la RC pro.
Se fier à une seule source. Comparateurs et courtiers ont un intérêt commercial et leurs chiffres divergent. Croisez plusieurs sources puis demandez des devis nominatifs.
Conclusion
Il n'y a pas de tarif officiel pour l'assurance d'un auto-entrepreneur : comptez quelques dizaines d'euros par mois pour une RC pro et jusqu'à plus d'une centaine pour un artisan du bâtiment, selon l'activité, le chiffre d'affaires et les garanties.
Avant de signer, vérifiez ce que votre activité impose, comparez des devis à garanties identiques et gardez en tête qu'en micro-entreprise, la prime n'est pas déductible séparément. Les fourchettes de cet article servent à vous repérer, pas à remplacer un devis.
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