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Créer son entreprise au chômage : ARE, ARCE, ACRE, le guide complet

Perdre son emploi est rarement un moment choisi pour se lancer, et pourtant c'est l'une des périodes les mieux accompagnées financièrement pour créer son entreprise.
Les aides à la création
Temps de lecture: 7min
Mis à jour le 10 août 2026
Domiciliation + création d’entreprise
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Perdre son emploi est rarement un moment choisi pour se lancer, et pourtant c'est l'une des périodes où la création d'entreprise est la mieux accompagnée financièrement. Entre le maintien des allocations chômage, le versement en capital de l'ARCE et l'exonération de cotisations sociales de l'ACRE, les dispositifs existent — encore faut-il les articuler correctement, au bon moment, avec les bonnes démarches auprès de France Travail.

L'essentiel de la création d'entreprise en tant que demandeur d'emploi

  • Un demandeur d'emploi indemnisé peut choisir entre le maintien de l'ARE et l'ARCE, mais pas cumuler les deux sur la même période.
  • L'ARCE correspond à 60 % des droits ARE restants, versés en deux fois : à la création, puis six mois plus tard.
  • L'ACRE ouvre droit à une exonération de cotisations sociales pendant 12 mois, sous conditions d'éligibilité.
  • Informer son conseiller France Travail dès que le projet est formalisé conditionne l'accès dans de bonnes conditions aux dispositifs suivants.
  • Le choix entre ARE et ARCE dépend avant tout du profil de trésorerie du projet.

Chômage et création d'entreprise : est-ce vraiment compatible ?

Oui, et c'est même une configuration que les pouvoirs publics cherchent à encourager depuis plusieurs années. Avant de se lancer, tester son idée à travers un MVP permet de sécuriser financièrement ce choix. Un demandeur d'emploi qui crée son entreprise ne perd pas automatiquement ses droits : il peut choisir de les mobiliser différemment, sous forme de versement mensuel maintenu ou de capital versé en une à deux fois.

Le maintien de l'ARE : comment ça marche

Le maintien de l'allocation de retour à l'emploi (ARE) permet de continuer à percevoir une partie de ses allocations chômage chaque mois, en parallèle du développement de son activité. Depuis avril 2025, le cumul entre revenus d'activité et allocation est plafonné à 60 % des droits restants. Ce dispositif convient particulièrement aux projets dont les revenus démarrent progressivement.

L'ARCE : toucher ses droits en capital

L'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE) fonctionne selon une logique différente : plutôt qu'un versement mensuel, elle consiste à percevoir 60 % du montant des droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux temps — une moitié au moment de la création, l'autre six mois plus tard. Ce capital, une fois versé, remplace le maintien mensuel de l'ARE : les deux dispositifs ne sont pas cumulables sur une même période. L'ARCE reste par ailleurs imposable à l'impôt sur le revenu.

ARE ou ARCE : comment choisir ?

Situation Dispositif à privilégier Pourquoi
Revenus attendus progressivement Maintien de l'ARE Un complément régulier limite le risque de trésorerie tendue
Besoin d'investissement initial ARCE Le capital immédiat finance les besoins de départ sans emprunt
Incertitude forte sur la viabilité du projet Maintien de l'ARE Les droits non consommés restent mobilisables plus longtemps
Besoin de trésorerie concentré au lancement ARCE Deux versements ciblés valent souvent mieux qu'un complément dilué

L'ACRE : l'exonération de cotisations sociales pour les créateurs

L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (ACRE) ouvre droit à une exonération partielle de cotisations sociales pendant les douze premiers mois d'activité — 50 % pour les activités créées avant le 1er juillet 2026, 25 % au-delà.

Elle s'adresse notamment aux demandeurs d'emploi indemnisés ou non inscrits 6 mois sur les 18 derniers mois, aux bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, aux jeunes de 18 à 25 ans, aux salariés d'entreprises en redressement judiciaire, et aux créateurs en quartier prioritaire de la ville. Condition importante : ne pas avoir déjà bénéficié de l'ACRE au cours des trois années précédentes.

Les démarches à effectuer auprès de France Travail

  1. Informer son conseiller dès que le projet est suffisamment formalisé.
  2. Créer son entreprise via le guichet unique de l'INPI.
  3. Demander l'ACRE auprès de l'URSSAF, dans les 45 jours suivant le dépôt du dossier de création.
  4. Choisir entre le maintien de l'ARE et l'ARCE, en fournissant l'attestation d'admission à l'ACRE.

Selon votre profil

Profil Éligible à l'ACRE ? Point de vigilance
Demandeur d'emploi indemnisé Oui Vérifier l'inscription 6 mois sur les 18 derniers mois
Demandeur d'emploi non indemnisé Oui, sous condition d'inscription Les droits ARE/ARCE ne s'appliquent qu'aux personnes indemnisées
Bénéficiaire du RSA ou de l'ASS Oui Cumul possible avec d'autres minima sociaux
Jeune de 18 à 25 ans Oui, sans condition d'inscription préalable Vérifier l'extension à 29 ans en cas de handicap
A déjà bénéficié de l'ACRE dans les 3 dernières années Non Condition d'exclusion à vérifier avant toute demande
 

Exemple concret

Un ancien salarié dispose de 18 000 € de droits ARE restants au moment de créer son entreprise. En optant pour l'ARCE, il perçoit 60 % de ce montant, soit 10 800 €, dont il faut déduire une retenue de 3 % au titre des retraites complémentaires, ramenant le montant net à 10 476 €. Ce capital est versé en deux fois : 5 238 € à la création, puis 5 238 € six mois plus tard. En cas d'échec du projet, les 40 % non versés sous forme d'ARCE restent mobilisables sous forme d'allocation chômage classique.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Créer son entreprise sans avoir préalablement informé son conseiller France Travail.
  • Demander l'ACRE après le délai de 45 jours suivant la création.
  • Choisir l'ARCE sans avoir anticipé son imposition à l'impôt sur le revenu.
  • Penser que l'ARE maintenue et l'ARCE sont cumulables sur la même période.
  • Oublier la condition des trois ans sans bénéfice antérieur de l'ACRE.
Rédigé par notre expert Céline
le 13 août 2026
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Questions fréquentes

Le taux d'exonération de l'ACRE est-il le même pour tous les créateurs ?
Chevron
Non : il est de 50 % pour les activités créées avant le 1er juillet 2026, et de 25 % pour celles créées à partir de cette date.
Que se passe-t-il si l'activité créée avec l'ARCE échoue avant le versement complet ?
Chevron
Les droits ARE non consommés sous forme d'ARCE (40 % des droits restants) demeurent mobilisables sous forme d'allocation chômage classique, sous réserve d'être toujours inscrit comme demandeur d'emploi.
L'ARCE est-elle imposable ?
Chevron
Oui, le capital versé au titre de l'ARCE est soumis à l'impôt sur le revenu, un élément à intégrer dans son prévisionnel financier.
Dans quel délai faut-il demander l'ACRE après la création de son entreprise ?
Chevron
Dans les 45 jours suivant le dépôt du dossier de création, directement auprès de l'URSSAF.
Faut-il être indemnisé par France Travail pour bénéficier de l'ACRE ?
Chevron
Non, l'ACRE est également ouverte aux demandeurs d'emploi non indemnisés sous condition d'inscription, ainsi qu'à d'autres profils comme les bénéficiaires du RSA ou les jeunes de 18 à 25 ans.
Quel est le montant de l'ARCE ?
Chevron
Elle correspond à 60 % des droits ARE restants au moment de la création, versés en deux fois : à la création, puis six mois plus tard, sous déduction d'une retenue de 3 % au titre des retraites complémentaires.
Peut-on cumuler le maintien de l'ARE et l'ARCE ?
Chevron
Non, ces deux dispositifs ne sont pas cumulables sur une même période : il faut choisir l'un ou l'autre au moment de la création de l'entreprise.

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