
Le 16 octobre, l'Insee a publié ses chiffres de septembre : 119 307 entreprises ont été créées en France en un mois, soit 1,1 % de plus qu'en août. C'est le plus haut niveau mesuré par l'Insee depuis janvier 2000, début de la série.
Dix jours après cette publication, que faut-il en retenir quand on veut créer son entreprise ? Voici les chiffres, les secteurs qui progressent et les limites d'un record qui ne dit pas tout.
L'Insee publie des données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables, qui permettent de comparer un mois à l'autre. Voici la répartition de septembre par type de création.
| Type de création | Créations en septembre | Évolution sur un mois |
|---|---|---|
| Sociétés | 28 293 | +5,0 % |
| Entreprises individuelles classiques | 12 134 | +11,6 % |
| Micro-entrepreneurs | 78 880 | −1,6 % |
| Ensemble | 119 307 | +1,1 % |
Cette hausse s'ajoute à un mois d'août déjà très haut : +7,2 % en août, révisé par l'Insee à partir d'une première estimation de +6,5 %. Septembre ne rebondit donc pas sur un point bas, il prolonge un niveau élevé.
Les micro-entrepreneurs, c'est-à-dire les entreprises individuelles sous le régime micro-entrepreneur, restent les deux tiers des créations (66 %). Ils reculent de 1,6 % en septembre, après une hausse de 8,1 % le mois précédent. Un seul mois de baisse ne fait pas une tendance.
Avec 78 880 créations, les micro-entrepreneurs dépassent à eux seuls le total des sociétés et des entreprises individuelles classiques, qui s'élève à 40 427 sur le mois. Le régime reste donc le principal point d'entrée dans l'entrepreneuriat.
Pour juger une tendance, mieux vaut regarder des périodes plus longues. Le tableau compare les créations à la même période un an plus tôt, selon l'Insee.
| Période | Ensemble | Micro-entrepreneurs | Entreprises individuelles classiques | Sociétés |
|---|---|---|---|---|
| Juillet à septembre | +16,0 % | +18,6 % | +23,2 % | +6,2 % |
| Douze derniers mois | +12,2 % | +15,0 % | +7,6 % | +6,6 % |
Sur les neuf premiers mois, le nombre de créations passe de 859 047 à 971 803, soit environ 13 % de plus. Nous avions commenté le repli de juin et celui d'avril : ces baisses ponctuelles n'ont pas cassé la progression annuelle.
Sur trois mois, l'information et la communication progressent de 55,0 %, soit 10 041 créations de plus qu'un an plus tôt. Le commerce gagne 26,3 %, les transports 22,1 %, la construction 11,4 % et l'industrie 3,4 %.
| Secteur | Évolution sur trois mois | Créations supplémentaires |
|---|---|---|
| Information et communication | +55,0 % | +10 041 |
| Commerce | +26,3 % | +10 719 |
| Soutien aux entreprises | +17,4 % | +12 351 |
| Activités financières | −15,9 % | −1 097 |
Le soutien aux entreprises ajoute 12 351 créations, dont environ 4 400 dans le nettoyage courant des bâtiments. Chez les entreprises individuelles classiques, la hausse vient surtout du commerce, notamment de la vente à domicile (+3 500). Les activités financières sont le seul secteur en net recul.
Ces hausses se lisent par rapport à une base de départ. Dans l'information et la communication, 10 041 créations supplémentaires représentent +55,0 % ; dans le commerce, un volume voisin (10 719) ne représente que +26,3 %. Le pourcentage dépend du nombre de créations de l'année précédente, d'où l'intérêt de regarder aussi les volumes.
Un chiffre de créations mesure des naissances, pas la survie des entreprises ni leur chiffre d'affaires. Le record coexiste avec une hausse des défaillances : notre article sur les défaillances d'entreprises relève 36 636 procédures collectives ouvertes au premier semestre, soit 4,1 % de plus.
L'Insee décrit l'évolution des créations mais n'explique pas ses causes dans cette publication. Nous ne proposons donc pas d'interprétation : les chiffres permettent de situer le marché, pas de prédire la réussite d'un projet.
Le régime micro-entrepreneur reste le choix de la majorité des créateurs, avec un plafond de 83 600 euros de chiffre d'affaires en prestations de services selon Service-Public. Pour comparer avec une société, consultez notre guide SASU ou micro-entrepreneur.
Les entreprises individuelles classiques progressent de 11,6 % en un mois et de 23,2 % sur trois mois. Elles relèvent d'un régime plus complet que le micro-entrepreneur, avec une comptabilité à tenir. Le choix du statut doit suivre votre activité, votre chiffre d'affaires attendu et vos charges, pas la mode du moment.
Les secteurs qui progressent le plus attirent de nouveaux concurrents. Avant de vous lancer, vérifiez votre marché et votre budget de départ : notre article pour monter son entreprise sans argent détaille les statuts, aides et coûts minimum.
Posez-vous trois questions avant de vous déclarer : quel chiffre d'affaires visez-vous, quels clients paieront dès les premiers mois, et quelle trésorerie couvre une période sans revenu ? Des réponses précises valent mieux qu'un contexte porteur.
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Septembre établit un record de 119 307 créations, porté par les micro-entrepreneurs, les entreprises individuelles classiques et l'information-communication. La tendance est solide sur neuf et douze mois, mais un record de créations ne garantit ni la réussite ni la survie des projets.
Prochain rendez-vous : l'Insee publiera les chiffres d'octobre le 18 novembre à 8 h 45. Nous les commenterons dès leur publication.
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